Les types d’éruptions volcaniques

A travers le monde de nombreux volcans sont en activité mais tous n’ont pas les mêmes types d’éruptions.

Cela est dû à l’intervention de plusieurs facteurs :

1) La composition et température de la roche en fusion remontant des profondeurs,

2) La composition du cône du volcan,

3) La manifestation ou non d’un contact direct entre la lave et une source d’humidité (eau douce ou eau de mer) au niveau de la chambre magmatique du volcan,

4) La situation géographique du volcan sur le globe terrestre (structure terrestre formée au niveau de la jonction entre deux plaques tectoniques où se produit une zone de subduction, volcan au milieu d’un océan sur un point chaud, volcan en activité sous la mer, volcan se manifestant dans un secteur du globe fréquemment enneigé comme l’Islande,…).

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L’échelle des manifestations éruptives volcaniques

Au fil du temps, une échelle de types volcaniques a été progressivement établie depuis le début du XXème siècle. Les types volcaniques présentés ici sont une synthèse entre les anciens et l’échelle la plus récente de Joyce (2010). La plupart des descriptifs trouvent leur source dans WIKIPEDIA.

Eruption Hawaïenne

L’éruption hawaïenne tire son nom d’Hawaï.

Les volcans de ce complexe d’îles dans le pacifique est le fruit d’un “point chaud”.

Ce type d’éruption volcanique se caractérise par une lave extrêmement fluide laissant s’échapper très aisément le dioxyde de soufre ; raison pour laquelle les volcans de ce type sont nommés “volcans rouges”. Les coulées peuvent atteindre des dizaines de kilomètres de longueur et avancer à très grande vitesse.

La lave sort très facilement de la cheminée volcanique en formant des fontaines de lave ou des lacs de lave mais sans explosions, même de moyenne ampleur. Les éruptions hawaiennes sont à l’origine de la construction des volcans boucliers.

Eruption Strombolienne

L’éruption Strombolienne tire son nom du célèbre volcan italien, le Stromboli.

Il s’agit d’un type d’éruption volcanique se produisant sur des volcans rouges et caractérisé par l’émission d’une lave relativement fluide formant facilement des coulées de lave. Les explosions de grande ampleur sont atypiques ce qui n’est pas le cas des fontaines de lave qui sont courantes. Les éruptions stromboliennes sont à l’origine de la construction des stratovolcans.

Les volcans terrestres explosifs (lave pâteuse)

Eruption Péléenne

Une éruption péléenne est un type d’éruption volcanique trouvant son nom dans la terrible activité de la montagne Pelée en 1902. Après la destruction de Saint-Pierre le 8 mai qui fait près de 30 000 morts, de nombreuses personnalités viennent étudier ce type d’éruption dont le volcanologue Alfred Lacroix. Elle rentre alors dans le vocabulaire courant en servant à désigner tout autre phénomène similaire. Il s’agit d’un type d’éruption est caractéristique des volcans gris et se manifeste par l’émission d’une lave relativement visqueuse formant difficilement des coulées de lave.

La lave s’accumule au point de sortie en un dôme de lave ou plus rarement en une aiguille de lave qui peuvent exploser ou s’effondrer en formant alors une ou plusieurs nuées ardentes (coulées pyroclastique) accompagnées d’un panache volcanique pouvant s’élever à des dizaines de kilomètres en altitude.

Eruption Plinéenne/Plinienne

Il s’agit sans nul doute du type d’éruption le plus célèbre. Pompéi et Herculanum disparaissent le 24 août 79 sous l’éruption plinienne du Vésuve.

L’éruption plinéenne tire son nom de Pline le Jeune qui sera le premier à la décrire avec la mort de son oncle Pline l’Ancien, dans une lettre à Tacite. Pour indice laissant aucune place au doute, Pline le Jeune décrit une forme de nuage de cendres prenant la forme d’un pin parasol tel que le nuage de l’éruption plinienne du Mont Redoubt en 1990.

Il s’agit d’un type d’éruption volcanique se produisant sur des volcans gris et caractérisée par l’émission d’une lave d’une grande viscosité formant très rarement des coulées de lave. Dans la plupart des cas, la lave a extrêmement de mal à sortir de la cheminée volcanique, ce qui entraîne l’augmentation de la pression interne dans le volcan jusqu’à provoquer de gigantesques explosions qui peuvent détruire le volcan lui-même en donnant naissance à une caldeira. Au cours de ces explosions, un panache volcanique s’élevant généralement à des dizaines de kilomètres en altitude peut être accompagné d’une surge volcanique qui détruit toute vie et toute construction parfois jusqu’à des dizaines de kilomètres à la ronde.

On pourra parler dans des cas très rares “d’éruption ultraplinienne” lorsqu’on décrit une éruption plinienne d’intensité d’explosivité volcanique exceptionnelle.

Eruption Vulcanienne

L’éruption Vulcanienne tire son nom du volcan, le Volcano.

Ce type d’éruption combine coulées de lave et explosions.

Il s’agit d’un type d’éruption volcanique assez proche de l’éruption Strombolienne mais en beaucoup plus dangereuse, se produisant sur des volcans gris et caractérisé par l’émission d’une lave relativement fluide formant des coulées de lave de faible ampleur.

Les explosions modérées, accompagnées de retombées de lapilli et de bombes volcaniques, forment un panache volcanique épais qui peut s’élever à des kilomètres en altitude. Les éruptions vulcaniennes, au même titre que les éruptions stromboliennes, sont à l’origine de la construction des stratovolcans.

Les volcans contact direct lave/eau au niveau de la chambre magmatique

Eruption Phréatique

Le contact entre l’eau et la lave en fusion ne fait pas bon ménage, tout comme l’eau et le gaz. Ce type de contact s’exprime par des explosions. Une éruption phréatique est un type d’éruption volcanique caractérisé par l’expulsion violente d’une importante masse d’eau du sol sous la forme d’explosions qui vont former un panache volcanique contenant exclusivement de la vapeur d’eau, de fines gouttelettes d’eau condensée et éventuellement des gaz volcaniques. L’eau vaporisée peut provenir soit d’une masse d’eau liquide (nappe phréatique, lac, cours d’eau, etc), soit solide (glacier, etc).

Ce type d’éruption se produit lorsque la remontée d’un magma dans un volcan réchauffe suffisamment une grande masse d’eau au point que celle-ci est rapidement vaporisée dans de grandes proportions.

Une éruption phréatique est généralement le précurseur d’une éruption phréato-magmatique, puis éventuellement purement magmatique. Une éruption phréatique devient phréato-magmatique à partir du moment où le panache volcanique contient des matières minérales solides (cendres, téphras, etc).

Les volcans sous-marins ou sous la glace

Eruption Sous-Marine

Une éruption sous-marine est un type d’éruption volcanique caractérisé par l’émission d’une lave sous une masse d’eau comme un lac, une mer ou un océan. Au contact de l’eau, la lave se recouvre d’une fine couche de lave durcie qui se fracture sous la pression de la lave encore liquide, donnant alors naissance à des laves en coussin. À l’inverse, au contact de la lave, l’eau se réchauffe et si la pression de l’eau est suffisamment faible, elle se transforme en vapeur d’eau qui peut remonter jusqu’à la surface en formant alors un panache volcanique formé essentiellement de vapeur d’eau.

La très grande majorité des volcans sur Terre et notamment les volcans rouges se trouvent dans le fond des océans, au niveau des dorsales océaniques qui est le lieu de l’accrétion de la croûte océanique.

L’accumulation successive des couches de lave provoque le rapprochement du sommet du volcan de la surface de l’eau et lorsque la pression de l’eau devient suffisamment faible, des éruptions phréatiques se mettent en place avec des épisodes explosifs. Lorsque le sommet du volcan est presque confondu avec la surface de la mer, l’éruption sous-marine devient Surtseyenne.

Eruption Surtseyenne

Il s’agit de l’évolution d’une éruption sous-marine lorsque le sommet du volcan est presque confondu avec la surface de la mer.

Ce type d’éruption trouve son nom dans l’éruption de l’ïle de Surtsey en 1963, née progressivement d’une activité volcanique violente.

L’éruption Surtseyenne est un type d’éruption volcanique caractérisé par l’émission d’une lave à fleur d’eau lorsque le volcan est une île maritime ou lacustre de faible altitude. Le contact de l’eau et de la lave engendre un choc thermique qui provoque la vaporisation de l’eau et la fragmentation de la lave au cours d’explosions qualifiées de « cypressoïdes » pour la ressemblance des panaches volcaniques avec des cyprès.

Eruption sous la glace

La glace, pas plus que l’eau, ne font bon ménage avec la lave en fusion.

L’éruption sous la glace se caractérise par la formation d’un petit lac au sommet du volcan, à l’endroit même où la glace fond au contact de la lave.

Selon la disposition du volcan sous la glace, on peut assister à des manifestations explosives semblables aux éruptions phréatiques, sous-marines ou Surtseyennes.