Avant-propos

. .

Une vie réussie est un parcours questionné : Il n’existe point de réussite(s) dans la culture de la ligne droite.

Pour toute existence humaine, ce sont les ratures, les allers-retours, les innombrables tentatives comme leurs renoncements aussi qui l’embellissent, jour après jour, année après année. Les vertus de l’échec sont de conduire à petits pas vers la réalisation de soi-même. Il n’existe pas plus agréable sensation dans une vie que d’explorer, s’interroger, découvrir, créer, se remettre en question sans cesse. OBSERVATION ET IMAGERIE est une belle aventure depuis 2003, matérialisant de mes premiers pas jusqu’aux miracles survenus à mon arrivée à la quarantaine, l’ensemble d’un processus de construction intellectuelle, scientifique et technique.

De la création de la liste astronomique généraliste COLLIMATION à mes 17 ans (clôturée en 2008) à l’écriture de quatre blogs (Electrons libres ; Douance, psychologie et philosophie ; Reportages avec le FUJIFILM X100T ; Petites pensées au gré de mon quotidien) dont un seul survivant aujourd’hui, sans compter de nombreux dossiers photographiques (Les chemins du souvenir, Le Pays de Bray, Le Parc de Jean-Jacques ROUSSEAU, les églises de Paris…), la nouvelle mouture (la sixième) de mon site internet initiée depuis décembre 2023 pour mes 41 ans, se veut la synthèse ordonnée et mâture de tout mon cheminement.

“Quarante ans est un âge terrible. Car c’est l’âge où nous devenons ce que nous sommes.”

Charles PEGUY (1873-1914)

Long cheminement personnel qui ne saurait se passer de l’évocation à juste titre du spectre des disparus dont l’aide précieuse ou l’inspiration auront joué un rôle majeur dans l’épanouissement de cette aventure ; en tout premier lieu le destin incroyable mais malheureux d’un astrophotographe et photographe amateur de génie, Gérard THERIN, disparu beaucoup trop tôt en 2019 suite à une longue maladie, à l’âge de 57 ans, avec lequel ma propre histoire en imagerie est fortement liée car il fut l’un de mes quelques mentors. Gérard représentait l’exemple à suivre pour beaucoup ; l’exemple indépassable, source de motivation pour ma propre créativité. Rencontré tout d’abord pour la première fois en 1997, nous nous étions ensuite investis dans une longue correspondance d’admiration réciproque sur nos travaux à partir de 2003. Je dois énormément à Gérard pour avoir été constamment ce très précieux conseiller et encouragement si puissant au bord de la route.

Un temps dérouté par la disparition d’un maître et la saveur très anxiogène inédite du premier confinement pandémique strict de 55 jours que nous avons tous vécu en France au printemps 2020, mon histoire personnelle continue à s’écrire plus doucement avec la consonance nette d’un “après” car l’année 2020 représente une fracture existentielle majeure à partir de laquelle, un certain nombre de miracles à l’approche de la quarantaine feront leur apparition progressive dans mon cursus, m’invitant à reconsidérer mon expressivité artistique dans un cercle beaucoup plus privatif, l’appareil photo déclenchant beaucoup moins, au profit de ma disponibilité à la satisfaction de nouveaux défis comme être devenu un mari heureux en septembre 2021 et puis, un père de famille comblé en 2023.

Je m’en suis ainsi retourné assez rapidement depuis le second semestre 2020 à la présentation de créations éclectiques, de l’astronomie à l’humain, en passant par les nombreux visages de l’art graphique comme l’architecture, le paysage ou des compositions d’intérieur au flash cobra. La simplicité, toujours, parce-que c’est en elle seule que réside l’essentiel. En tous points, la philosophie de base de ma démarche artistique demeure, même si l’humain est devenu bien plus rare dans une expression de surcroît considérablement amoindrie et très certainement globalement plus brouillonne. En couleur comme en monochrome, de jour comme de nuit, j’expose tout très simplement par ce à quoi ceci ressemble quand le sujet est photographié car en finalité, la seule chose qui m’intéresse, c’est la construction de l’image. Je suis simplement celui qui passe, qui s’arrête un instant, voit, mémorise et se fait oublier.

Je ne m’alourdis pas, je ne me complique pas la technique, me réduisant aujourd’hui au simple statut de conteur du quotidien. Oscillant entre le cueilleur comme Cartier-Bresson se postant fixement à un endroit en pariant sur la patience et le chasseur perpétuellement en mouvement tel Winogrand provoquant lui-même l’occasion en se jetant littéralement sur ses sujets (fixes comme mobiles), mon expression artistique ne se limite plus à la seule beauté académique ; Elle se doit de raconter fondamentalement une histoire, parfois plus précisément la mienne en l’occurrence.