Aucune certitude en ce monde, la petite farce est (parfois) au bout du chemin. ZWO a publié le 15 décembre 2025 sa nouvelle version du firmware avec la nouvelle version 3.0.0 du logiciel sur tablettes et smartphones. Bien plus qu’un patch, la version 3.0.0 propulse l’éco-système Seestar vers une plateforme toujours plus sérieuse avec notamment un DBE (Dynamic Background Extraction) permettant de corriger automatiquement les gradients de fond du ciel tels que ceux de la pollution lumineuse sans toucher au bruit de fond aléatoire, un mode « plein écran » qui permet de verrouiller temporairement les fonctions afin d’éviter toute manipulation accidentelle en cours d’acquisition, l’apparition des temps de pose unitaires de 2 et 5 sec particulièrement utiles pour la photométrie sur des étoiles variables lumineuses de magnitude supérieure à 8 mais encore l’ouverture toujours plus large du pilotage du Seestar depuis des logiciels tiers comme NINA via Ascom avec un Seestar Alpaca fortement amélioré. Piloter le Seestar en ayant accès à pléthores de fonctions n’est plus réduit à l’interfaçage Seestar ALP développé par Kai Yung pour leur contrôle complet.
Bref, une sacrée évolution mais qui ne restera pas sans faute majeure car mes soirées du 25 et 26 décembre 2025 resteront entachées d’un bug majeur, jusque-là non vécu avec le Seestar jusqu’à la version 2.7.0 précédente, à savoir une régression manifeste en ce qui concerne le pointage d’objets personnalisés avec leurs coordonnées AD et DEC. A chaque pointage d’un astéroïde pour son tracking ou d’une étoile variable, ceux-ci se retrouvant désormais au mieux en extrême bord du champ, au pire hors-champ alors que le Seestar était reconnu comme absolument désarmant de précision avant la V3.0.0 avec des objets chirurgicalement parfaitement centrés à coup sûr, même à l’opposé sur la voûte céleste. Le 26 décembre, par souci d’en avoir le coeur net, quitte à en sacrifier grandement la production de ma séance d’observations, j’ai utilisé l’astéroïde Sylvia comme visée pour observer éventuellement l’impact que pourrait en avoir l’utilisation, tantôt de coordonnées J2000 et JNow sur la position de cet astéroïde sur la qualité du pointage du Seestar.
Le test est assez révélateur de la nature bénigne du bug de la dernière version 3.0.0 et pourtant dévastatrice pour l’utilisation de l’instrument en science participative : Un souci d’époque (J2000/JNow) et l’absence d’application des effets de la procession sur les coordonnées d’un objet, étant entendu que le Seestar attend normalement des coordonnées J2000 de la cible. Ceci ne fait guère de doute que c’est purement logiciel et plus encore, purement de l’arithmétique de conversion désactivée. En version 3.0.0, la refonte importante de la pipeline astrométrique induit une erreur sévère de pointage à cause d’ingénieurs qui ont sans doute oubliés de reconnecter la précession de J2000 vers JNow pour que le produit pointe correctement car lorsque nous saisissons des coordonnées JNow pour la cible, le Seestar retrouve instantanément un meilleur centrage. Ceci ne peut être un hasard pour une amélioration immédiate aussi visible. Ceci révèle que ZWO travaille constamment à l’amélioration de ses produits en ayant différencié les objets des catalogues natifs « grand public » de celui contenant les objets personnalisés construits à partir de leurs coordonnées par un public scientifique car quand le pointage des objets des catalogues natifs « grand public » n’est absolument pas affecté dans la nouvelle version, on observe la dérive reproductible d’une valeur assez constante dans les objets personnalisés qui pointe l’absence d’application de la procession. Faire progresser sans cesse ses télescopes intelligents pour s’adapter à divers publics (parfaits débutants, intermédiaires, étudiants, amateurs experts,…) passe forcément par la fragmentation prochainement personnalisable de ses fonctions.
ZWO m’a répondu dès lors déjà ce 29/12 au matin qu’il investiguait sur le sujet pour le résoudre dans une prochaine version. 🙂