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Le panoramique par assemblage La photographie des grands espaces

De tous temps, depuis que la photographie existe, il a toujours été question de pouvoir saisir de vastes espaces en une seule et même image, pour les paysages notamment mais aussi pour l'architecture lorsque le photographe pratique son art en intérieur (dans les églises notamment). L'instantané à lui seul ne peut mettre en valeur ou saisir l'étendue totale du parc d'un château par exemple car l'angle couvert par un objectif est presque toujours inférieur à 90° et les objectifs de très courtes focales (un 16 mm par exemple) sont toujours la source de déformations optiques peu agréables sur un beau paysage.
Reste alors la technique du panoramique permettant de réaliser des images qui peuvent couvrir 120, 180, 200, 270 voire 360° d'un paysage, si celui-ci s'y prête.

J'ai réalisé des panoramiques en 2004 et 2005. Depuis, j'ai abandonné la technique car elle ne m'apporte pas grand-chose dans le cadre de mes travaux.


"Faux" ou "vrai" panoramique ??

Dans ce monde de la photographie des grands espaces, il existe de nombreux types de panoramiques mais avant tout, apprenons à faire la différence entre un faux panoramique et un vrai panoramique.

Trois grandes familles existent :

  • Le panoramique par recadrage
  • Le panoramique par rotation
  • Le panoramique par assemblage
Les "faux" panoramiques
La première grande famille (panoramique par recadrage) correspond à la catégorie des "faux" panoramiques. Le format panoramique est obtenu par découpage ou par la taille du négatif utilisé ; Tandis que l'angle couvert par le panoramique ne dépasse pas les 100° pour les meilleurs appareils.

Numérique
 

En imagerie numérique, les "faux" panoramiques sont chose courante.

Il suffit de découper l'image originale en haut et en bas à l'aide d'un logiciel.

PHOTOSHOP avec la fonction "Sélectionner une zone" fait parfaitement l'affaire. GIMP permet la réalisation d'un travail identique et en plus, il est gratuit mais aussi multi-plateformes. La fonction permet l'obtention immédiate d'une image sous le format allongé panoramique alors que l'image originale couvre parfois qu'un angle de seulement 40° !

Rien à voir donc avec la vision panoramique, si ce n'est le format !!!

Vous constatez également une perte importante de l'avant-plan durant l'opération. Résultat, non seulement l'image est un faux panoramique mais en plus, elle perd tout son intérêt !!

Argentique
 

En imagerie argentique, le recadrage n'est pas obtenu par le découpage de l'image originale mais par le format "non conventionnel" du négatif.

C'est la forme, la surface imprimée et la taille du négatif qui fait le panoramique.

L'appareil photo jetable panoramique fut l'exemple même du "faux" panoramique par recadrage, en utilisant une surface d'impression légérement supérieure des négatifs 24x36. Un film qui habituellement est capable de couvrir 24 poses, n'en couvre que 15 comme l'excellent PANORAMA de FUJIFILM.

Cette surface d'impression supérieure permet de couvrir 10 à 20° (30° ?) supplémentaires par rapport à un jetable traditionnel, ce qui n'est pas négligeable, mais son angle ne rivalisait toutefois pas avec un appareil argentique pour panoramique par recadrage spécialisé.

L'appareil photo panoramique 6x12 ou 6x15 est un appareil spécialisé pour le panoramique par recadrage argentique. Le format spacieux du négatif permet de réaliser des panoramiques qui peuvent subir des agrandissements très importants. Les américains, amoureux de ce format, en sont les adeptes les plus nombreux.

En fonction de l'objectif utilisé, l'angle atteint les 90° habituellement mais peut être supérieur (100-110°) mais jamais plus, compte-tenu des déformations sur les bords de l'image qui surviennent lorsque l'objectif a une focale trop courte.

Les "vrais" panoramiques

La seconde et la troisième grande famille (panoramique par rotation et panoramique par assemblage) correspondent à la catégorie des "vrais" panoramiques.

Le format panoramique est obtenu par une prise de vue spécifiquement élaborée.

L'angle couvert par le panoramique dépasse souvent les 120° et peut être étendu à un balayage spatial intégral (360°).

Argentique
 
En imagerie argentique, les appareils panoramiques sont équipés d'une tête "spacifique" qui tourne pour balayer l'espace d'où le nom de panoramique par rotation. Les principaux modèles d'appareils sont couramment conçus pour un balayage de 180° mais certains sont capables de couvrir des angles beaucoup plus importants, en fonction du choix du photographe. Dans ces appareils, le négatif n'est pas immobile et se déplace sur un tambour au fur et à mesure que la tête balaye l'espace pour imprimer celui-ci. La vitesse de rotation de l'objectif et du tambour, est plus ou moins rapide en fonction du temps de pose à respecter.

L'appareil photo argentique panoramique par rotation NOBLEX est l'exemple le plus parlant de panoramique par rotation. Les modèles les plus courants sont conçus pour un angle de 180°. Tous les grands panoramistes comme Arnaud FRICH, possèdent au moins un modèle NOBLEX dans la liste de leur matériel.

Numérique
 

En imagerie numérique, le "vrai" panoramique s'obtient par assemblage de plusieurs images successives qui se chevauchent légèrement les unes par rapport aux autres, à l'aide d'un logiciel spécifique sur ordinateur. De plus en plus, cette technique prend de l'ampleur, surtout dans l'amateurisme, car aujourd'hui n'importe quel appareil numérique peut se transformer en véritable appareil panoramique, dès lors que celui-ci est installé sur un trépied spécifique.

C'est cette troisième et dernière grande famille, le panoramique par assemblage, qui est expliquée plus en détail dans cet exposé car le panoramique argentique ne touche qu'une catégorie bien particulière de photographes, pour la plupart professionnels, dont le nombre d'adeptes se réduit au fil des années.


LE PANORAMIQUE PAR ASSEMBLAGE


La prise de vue (installation de l'appareil et paramètres)

L'ère du numérique et la technique du panoramique par assemblage ont permis la mise à disposition du "vrai" format panoramique à un public très vaste. Toutefois, si le panoramiste est débarrassé de certaines contraintes technologiques, le panoramique par assemblage ne demande pas moins de rigueur et les 80% de la réussite d'une image de ce genre se jouent à la prise de vue. La prise de vue est une étape clé dans ce type de panoramique et l'assemblage n'est qu'une simple finalité, qui sera d'autant plus facile, si la prise de vue a été soignée et faite dans des conditions optimales. Même le meilleur logiciel d'assemblage ne peut corriger des défauts découlant d'une mauvaise prise de vue (écarts de luminosité trop importants, images non réalisées sur un axe de rotation commun...etc).

En fonction de l'orientation du boîtier (à l'horizontal ou à la verticale), celui-ci doit être installé obligatoirement sur un trépied photo rigide, de telle façon que l'objectif de l'appareil photo numérique puisse pivoter, tout en restant parfaitement confondu avec l'axe de rotation du trépied.

Ce réglage permet de garantir des fuyantes et des courbes projectives communes entre les différentes images numériques individuelles qui vont composer le futur panoramique que l'on désire réaliser.

Si ce paramètre fondamental n'est pas respecté, les images ne peuvent pas s'assembler, même avec le meilleur logiciel d'assemblage du marché car les images souffrent d'un défaut de parallaxe, qui augmente au fur et à mesure que les objets sont proches dans le panoramique. C'est ainsi que l'on peut être victime de dédoublement de certains éléments présents sur les jonctions, ce qui nuit à la qualité de l'assemblage, voire le rendre impossible.

Ce paramètre, pour être respecté en position verticale, impose l'utilisation d'une tête panoramique, qui peut être fabriquée soi-même ou achetée chez un fournisseur spécialisé. Les plus perfectionnées sont pourvues d'un réglage d'écart par rapport à l'axe de rotation et d'un réglage de profondeur pour permettre de confondre parfaitement l'objectif avec le fameux point nodal.

Régler la lumière et éviter les trop grands écarts de luminosité entre les images

Beaucoup de débutants en panoramiques par assemblage ont souvent la même question en tête : Comment réaliser des images individuelles de départ dont la luminosité soit très proche pour faciliter le travail du logiciel d'assemblage pour obtenir un résultat "propre" ???

La plupart du temps, compte tenu de la particularité des prises de vue conduisant à un panoramique, le boîtier devra recevoir des réglages semi manuels ou entièrement manuels. Les logiciels pour panoramiques sont capables de compenser automatiquement les écarts de luminosité entre les images de manière à ce que les jonctions soient invisibles. Toutefois, si l'écart est vraiment très important, le logiciel a aussi ses limites et il ne peut pas tout compenser. Il existe alors deux cas dans lesquels un panoramiste peut se retrouver lors de la réalisation des images individuelles.

Dans les deux cas, il est conseillé de désactiver l'autofocus du boîtier photographique et de régler la mise au point sur l'infini par défaut.

Faibles écarts de luminosité
 

Si le photographe exécute son panoramique dos au soleil, la luminosité est en générale à peu près constante d'une image à l'autre.

Dans ce cas, on peut maintenir l'automatisme d'exposition et d'ouverture (priorité à la vitesse, avec le diaphragme fermé au maximum pour garantir la plus grande profondeur de champ possible, si le boîtier n'est pas pourvu du mode AUTO) qui permettra d'obtenir des images correctement exposées. Le logiciel sera en mesure de compenser les petits écarts.

Grands écarts de luminosité
 
Un panoramique devient plus délicat lorsque la luminosité varie énormément d'un bout à l'autre du panoramique, souvent lorsque le soleil n'est pas loin de l'objectif. Pour permettre d'éviter de trop grands écarts sur les images à assembler, il est fortement conseillé de désactiver les automatismes d'exposition et d'ouverture (donc de passer en mode entièrement manuel) et de déterminer une vitesse d'obturation et une ouverture moyennes qui seront identiques pour toutes les images.
Cette régularité dans les paramètres de prise de vue permet d'obtenir des images à la luminosité à peu près régulière, même si les écarts sont importants dans la réalité, ce qui facilitera le travail final du logiciel. Il est parfois plus profitable d'avoir des zones un peu surexposées dans un panoramique que sous-exposées car il est toujours possible en guise de finalisation, de corriger les écarts avec la fonction COURBES de PHOTOSHOP.


L'assemblage des images sur l'ordinateur
La prise de vue effectuée, l'assemblage des images est la finalité de la technique. Les logiciels les plus fréquemment utilisés sont PHOTOSHOP (nombre maxi de 3 images) et les logiciels spécialisés comme PHOTOVISTA, PANORAMA FACTORY, ImageAssembler de PANAVUE, Hugin...etc. L'un de mes premiers panoramiques contient les qualités et les erreurs que l'on peut rencontrer avec un panoramique, ce qui en fait un excellent exemple pédagogique pour cet exposé.

L'illustration ci-dessus met en évidence les 6 images de départ et le résultat après assemblage.

Le champ couvert par l'image finale atteint les 170° alors que chaque image individuelle ne couvre un champ que de 40°. Ce panoramique contient quelques erreurs de prises de vue, indépendantes du montage du boîtier, qui ne sont pas à négliger et PHOTOSHOP a permis la correction de ces défauts en vue d'une finalisation de l'image. Ces erreurs de prises de vue sont des phénomènes courants dont sont victimes même les plus grands du panoramique par assemblage car tous les obstacles qui peuvent s'opposer au bon déroulement de la réalisation d'un panoramique ne sont pas toujours prévisibles !!!

Quelques règles à respecter et défauts courants
Même lorsque les images ont été réalisées avec beaucoup de soin, avec un boîtier confondu avec l'axe de rotation du trépied ou de la rotule panoramique et avec des paramètres photographiques bien gérés, certains obstacles dus au caractère même du panoramique par assemblage peuvent surgir et rendre la qualité du panoramique partielle. Les voici :

Objets et sujets humains en déplacement dans un panoramique
 

La plupart des panoramiques par assemblage sont réalisés dans une ambiance "déserte" car si la gestion des jonctions entre images est une chose facile, la gestion du déplacement d'un objet d'une image à une autre l'est beaucoup moins ! Quoi de plus agaçant d'être victime du dédoublement de certains passants dans un panoramique, lorsque celui-ci est réalisé dans une ambiance un peu animée.

Lors du panoramique utilisé en exemple, j'ai été pris de vitesse par un bateau qui se trouve ainsi sur deux images composantes :

Le bateau se déplaçant assez rapidement, lors de l'assemblage, il est impossible de garantir à la fois un assemblage correct du paysage et du bateau.

Ce phénomène aurait pu également se produire avec un coureur sur la plage par exemple. Dans le cadre de ce genre de phénomène, il reste une unique solution : Supprimer l'objet sous PHOTOSHOP lors des retouches finales. Pour tenter d'éviter ce genre de désagréments, il faudra essayer la plupart du temps de faire tourner la tête panoramique dans le sens inverse des objets en déplacement, pour éviter que ceux-ci refranchissent le champ de l'appareil photo une seconde fois.

Dédoublement des feuillages des arbres
 

Phénomène frustrant que le panoramiste a souvent affaire dans les panoramiques par assemblage où il y a de nombreux arbres en présence, est le dédoublement des feuillages. Ce phénomène est dû au déplacement des branches et des feuilles au gré du vent, d'une image à une autre. Ce phénomène est absolument incontrôlable et ne répond à aucune méthodologie de prise de vue particulière, de part le caractère aléatoire du déplacement des feuillages.

Certaines images du grand panoramiste Arnaud FRICH présentent ce genre de phénomène. Si celui-ci est trop marqué, une retouche sur PHOTOSHOP avec la fonction TAMPON permet de supprimer les dédoublements et images fantômes incriminés.


Liens utiles

Faux panoramiques de David JOBSBON, le panoramiste travaille sur du format 6 x 17 cm avec un objectif NIKON 90 mm f4.5 SW. Le panoramiste pose entre une et 15 secondes car il travaille avec des ouvertures comprises entre 22 et 32, pour garantir la plus grande profondeur de champ possible aux paysages. Les images panoramiques monochromes sont un vrai régal et une réfèrence pour ce type de format.

Réalisation d'un panoramique sous PHOTOSHOP par Jacques BARBE.

Le logiciel PANORAMA FACTORY, logiciel pour panoramiques qui fonctionne très bien, dès lors que les prises de vues sont irréprochables et que les images ont été réalisées sur un axe de rotation commun, à l'aide d'une tête panoramique.

Le logiciel ImageAssembler de PANAVUE, logiciel particulièrement performant qui permet de réaliser des panoramiques sur plusieurs niveaux.

La page personnelle de Jacques BARBE, un site qui est en grande partie dédié au panoramique.

Site du panoramiste Arnaud FRICH, spécialiste du panoramique argentique et numérique par assemblage.

Arnaud FIOCRET © 2005 (2012)

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