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La mise en station d'une monture allemande Régler une monture astronomique pour l'astrophotographie


Généralités

Dans le monde de l'astronomie, il existe deux grandes familles de montures instrumentales : Les altazimutales et les équatoriales.

Les premières équipent habituellement tous les petits instruments d'initiation. Facile à mettre en oeuvre, leur utilisation est intuitive et n'exige pas de connaissances particulières. Toutefois, avec ces montures, il est aussi aisé de trouver un objet que de le perdre car on est obligé d'agir sur les deux axes pour le suivre. Les montures altazimutales ne seront donc utilisées qu'à titre visuel (les télescopes DOBSON font partie de cette catégorie).

Lorsqu'on s'équipe d'un instrument astronomique évolutif, on passe immédiatement à la seconde famille, celle des équatoriales. Pourvues d'un viseur polaire ou pas, elles peuvent être réglées pour que l'on puisse suivre un astre en agissant uniquement sur un axe, l'axe horaire (le second, la déclinaison, étant employée pour les corrections de suivi). Cet axe horaire, s'il est pourvu d'un moteur pas à pas piloté par une rigoureuse électronique à quartz permet de pratiquer sans gêne l'astrophotographie. Le fameux réglage qui permet à la monture équatoriale de développer tout son potentiel en qualité de suivi pour compenser la rotation terrestre s'appelle la mise en station.

La qualité de la mise en station d'une monture astronomique à viseur polaire pour un observateur de l'hémisphère Nord est directement influencée par la position du pôle Nord céleste par rapport aux étoiles car il s'agit de faire correspondre un schéma gravé au laser dans le viseur avec la position réelle de l'étoile polaire dont la validité n'est pas définitive.

Dans l'exposé "Trajectoires du soleil", j'aborde déjà la très longue précession des équinoxes s'étendant sur un cycle de 41000 ans provoquant un déplacement régulier du pôle Nord céleste parmi les étoiles. Dans cette longue course circulaire, l'étoile représentative du pôle céleste change plusieurs fois de suite au cours des millénaires.

Dans cette perspective, on peut en déduire que le pôle Nord céleste était incarné jadis, vers -3000, par l'étoile Thuban de la constellation du Dragon. Puis, dans un lent glissement ayant duré 5000 ans, ce pôle Nord céleste est désormais à proximité immédiate de l'étoile polaire.

La valeur annuelle du déplacement est de 50,290966 secondes d'arc par an, soit 1 degré d'arc tous les 72 ans.

Autrement dit, ce déplacement n'est pas anodin car cela signifie que le viseur polaire d'une monture équatoriale allemande devient réellement obsolète en l'espace de deux décennies seulement !


Les différents paramètres définissant la mise en station d'une monture instrumentale

L'embase de la monture PERL-VIXEN GP

Sur la toile, certains amateurs ont mis en ligne des excellents cours sur la mise en station. Malheureusement, pour le débutant, c'est souvent le naufrage devant la masse importante d'informations à digérer.

J'ai donc tenu à dégager les principaux paramètres qui définissent la mise en station pour rendre le contenu plus comestible pour le novice.

L'exemple employé pour mener à bien ces explications est la très populaire monture PERL-VIXEN GP. Même si toutes les montures ne sont pas identiques, la procédure est quant à elle identique entre toutes les montures équatoriales.

L'embase de la monture est confondue avec le tripode en aluminium lourd.

On est immédiatement intrigué par le doigt (1) qui permet la mise en position de la monture lors de son assemblage sur l'embase. Ce doigt constitue l'une des parties les plus fragiles de l'ensemble mais également la plus utile. Avant toute installation de la monture sur l'embase, il faudra prévoir l'orientation préalable de la monture vers le Nord à l'aide d'une boussole indépendante notifiée par un grand N sur la monture (3).

La monture, installée sur l'embase, sera solidement amarrée en agissant sur la vis de dessous (2).

Le niveau à bulle de la monture PERL-VIXEN GP

C'est en regardant sur l'une des faces latérales de la monture que l'on fait connaissance avec le premier paramètre déterminant dans une mise en station : Le parallélisme de la monture par rapport au terrain.

Si la monture n'est pas parallèle par rapport au sol, la monture aura beau être correctement réglée dans les autres paramètres, elle accusera des défauts importants de suivi qui nuiront au confort de l'observateur et ceci d'autant plus, s'il a prévu des travaux photographiques.

Pour réaliser cette opération, la plupart des montures sont pourvues d'un Niveau à bulle de série (2). Il est également possible de rajouter sur certaines montures, une boussole en option (1). L'opération est simple, il suffit d'agir sur les 3 pieds du tripode jusqu'à ce que la bulle se situe dans le cercle rouge.

Commandes d'orientation de la monture PERL-VIXEN GP

Le problème de parallélisme correctement réglé, on ne tarde pas à faire connaissance avec les deux paramètres qui conditionnent conventionnellement une mise en station : Réglage longitudinal et la hauteur. La molette 1 permet le réglage longitudinal de la monture par rapport au pôle Nord, tandis que la molette 2 permet le réglage en hauteur de la monture par rapport au même référentiel.

Scientifiquement parlant, le réglage longitudinal correspond à la longitude et le réglage en hauteur à la latitude. Mesurer la longitude et la latitude d'un lieu s'appelle faire le point. La mise en station d'une monture astronomique consiste en fait à la régler pour la faire coïncider avec ce point virtuel du globe terrestre qui varie en fonction du lieu d'où vous observez avec votre télescope.

Indicateur de latitude de la monture PERL-VIXEN GP

Du côté latéral de la monture correspondant au niveau à bulle, on découvre un indicateur numéroté de 0 à 90°. Il s'agit de l'indicateur de latitude (1 et 2).

En France, en fonction de votre localisation sur l'hexagone, la latitude varie entre 49° au Nord et 45° au sud. Cet indicateur permet de prérégler la monture à une valeur proche de la véritable, qu'il suffira d'affiner avec le viseur polaire ou la méthode de Bigourdan.
Le maintien de ce réglage pour éviter l'annulation de celui-ci par le simple fait du poids de l'instrument à entraîner est obtenu par la molette 3.

Réglage du viseur polaire de la monture PERL-VIXEN GP

Les montures équatoriales ne possèdent pas toujours de viseur polaire. Si celle-ci en possède un, la mise en station en est alors grandement facilitée...A condition que la fameuse précession n'ait pas rendu celui-ci obsolète !!! Les montures allemandes sont réputées pour leur rapidité de réglage avec une précision suffisante pour réaliser des poses d'une dizaine de minutes sans rattrapage.

Son usage est simple.

Il suffit de bloquer l'axe gradué en ascension droite (3) sur minuit en face de l'indicateur (2) grâce à la vis de serrage (1) et de le faire coïncider avec le jour et le mois de l'année inscrits sur le tambour (5). Regardez alors dans le viseur et il vous suffit désormais de jouer avec les réglages longitudinaux et ceux de la hauteur pour faire correspondre le graphique lumineux interne avec la polaire : Votre monture est en station !

La plaquette (4) vous servira ultérieurement pour pointer des objets via les coordonnées.


Petite application pour vous assister dans la mise en station

Si vous avez un doute sur votre mise en station, ne vous inquiétez pas, il y a toujours un moyen d'être assisté et de pouvoir la vérifier. J'ai découvert sur le web, l'excellent petit soft POLAR FINDER de Jason DALE qui vous simule la position de la polaire en fonction des paramètres que vous lui soumettez.

Vous pouvez le télécharger immédiatement dans les liens associés : Le fichier ZIP ne pèse que 49 ko !

Télécharger POLAR FINDER

Arnaud FIOCRET © 2003 (2012)

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