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Le CELESTRON 8, un télescope polyvalent


Mon Célestron 8 sur une monture allemande PERL-VIXEN GP motorisée sur les deux axes en 2009


Caractéristiques techniques de base

Télescope Schmidt-Cassegrain
Diamètre 203mm
Focale 2000mm
F/D=10
Obstruction 0.34 %
Poids du tube optique 5 Kg

Monture Great Polaris PERL-VIXEN, motorisée sur les deux axes

Deux contrepoids (5 et 3 kg)


Le télescope CELESTRON 8 est le Schmidt-Cassegrain le plus répandu dans le monde amateur. A l'origine, CELESTRON est une marque nippone. Mais aujourd'hui, c'est surtout un télescope de firme américaine et de fabrication sous-traitée dans plusieurs pays du globe. Ce télescope possède de nombreuses qualités mais souffre également de gros défauts, qui n'en font pas l'un des meilleurs télescopes, bien loin de là. Certains télescopes de très haut de gamme beaucoup moins répandus, tel l'excellent Clavius 166 pourtant de diamètre inférieur fabriqué en grande partie en France, le surpasse largement en visuel comme en imagerie lorsqu'il s'agit notamment de résoudre de très fins détails planétaires.

Depuis 2004, ma culture optique et photographique ayant progressée, il m'est apparu important de tirer un bilan plus objectif et moins flatteur de cette instrumentation tout en relativisant ses défauts de fabrication communs à tous les SC CELESTRON, que l'on peut minimiser très efficacement en réalisant certaines petites modifs proposées notamment par la firme allemande BAADER PLANETARIUM ou des modifications beaucoup plus ambitieuses comme celles entreprises par Bernard BAYLE : http://www.bbayle.com/page_modif_c8/index.htm

Pour ma part, vu l'utilisation que j'en ai depuis quelques années, le temps et la précision demandés pour réaliser de telles modifications mécaniques, j'en reste strictement à la version d'origine qui me suffit amplement.

Les plus gros défauts du CELESTRON 8 sont d'ordre conceptuel et concernent notamment la fiabilité de la collimation ainsi que la constance de la focalisation dans le temps qui est l'une des plus médiocres du marché. Médiocrité dûe exclusivement à des solutions mécaniques internes qui ne sont pas en adéquation avec la précision exigée par la composition optique qui est de l'ordre du centième de mm ! Ce manque de constance dans l'alignement optique s'avère très problématique pour l'amateur qui cherche des résultats élevés en imagerie. Toutefois en tant qu'utilisateur depuis 1999, si le CELESTRON 8 n'est pas recommandable pour la haute résolution, la qualité visuelle qu'il offre des planètes est quand même très bonne, à condition de ne pas être trop pointilleux. Tout est une question de savoir à quel niveau on place la barre, que ce soit du point de vue de ce que l'on pratique le plus (visuel ou imagerie), de la qualité d'image visée et/ou du point de vue du budget que l'on peut mettre dans son instrumentation.

En 1999, je n'avais que 17 ans et j'avais surtout investi dans ce tube optique car c'était le premier instrument de grand diamètre dont je faisais alors l'acquisition. Bien que mon choix était mûrement réflechi et que j'avais connaissance à l'achat des principaux gros défauts connus de ce dernier, je me voyais très mal m'engager à cette époque dans l'achat d'un instrument plus performant (donc plus cher !) mais également plus exigeant en connaissances et en entretien. A 17 ans, le mot collimation effraie plus qu'il ne rassure alors que aujourd'hui avec la pratique ce réglage appartient à mon quotidien habituel d'amateur respectueux de son matériel.

En conclusion, on ne peut donc pas dire que le CELESTRON 8 soit un excellent instrument mais on ne peut pas dire non plus que ce soit un mauvais choix pour "une première main" pour un amateur sérieux. Le CELESTRON 8 appartient tout simplement au grand cercle des instrumentations de qualité moyenne de la grande distribution astronomique. C'est mathématiquement logique sur le fait qu'on ne peut pas s'attendre à trouver la même finesse mécanique dans un instrument distribué à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires à travers le monde, que celle que l'on trouve dans un tube de très haut de gamme comme ceux de la firme CLAVE qui sont fabriqués presque sur mesure suivant une composition optique rare en très petite série en fonction de la demande d'un public très aisé ou en tous les cas très passionné, qui vise la haute performance en imagerie.

La qualité a un prix et cela est d'autant plus vrai dans un domaine comme l'optique astronomique.

Qualités reconnues du couple C8 - Monture GP
Tube optique court et maniable
Polyvalence de l'instrument (planétaire et ciel profond). Cela est d'autant plus vrai avec l'emploi d'un réducteur de focale au foyer qui le rend au moins 4 fois plus lumineux ! 
Bon suivi dans l'ensemble et correct pour la photographie solaire, lunaire et planétaire sur film argentique ou avec une caméra vidéo CCD, même avec d'importants rapports F/D
Facilité de mise en station grâce au viseur polaire
Images lumineuses et contrastées, dès lors que l'instrument est correctement collimaté
Excellent chercheur 6x30, lumineux et précis

Défauts du couple C8 - Monture GP
Collimation difficile mais pas impossible. Dans les versions récentes de C8, les vis de correction sont désormais cruciformes et l'exercice est plus délicat qu'avec des vis Hallen qui sont en revanche toujours employées dans les instrumentations haut de gamme car permettant de garantir une plus grande précision dans les réglages optiques. Depuis 2007, j'ai remplacé les vis cruciformes d'origine par des vis BOB KNOB'S qui permettent la collimation du secondaire...Sans tournevis !
Sa forte obstruction centrale supérieure à 30% qui abaisse très nettement le contraste sur les surfaces planétaires (SC de 203 mm = Lunette APO de 103 mm). 
Cela n'est pas un critère qui vient immédiatement à l'esprit mais sa longue mise en température de près de deux heures ne font pas de ce tube, un instrument très réactif et représente un petit handicap pour la photographie HR. Je me souviens avoir dû attendre une fois plusieurs dizaines de minutes après la mise en température théorique, ma webcam allumée, pour surveiller en direct sur l'écran de mon ordinateur la disparition progressive de la turbulence instrumentale avant de pouvoir espérer entamer des acquisitions lunaires de qualité !
Mise au point rendue aléatoire et délicate pour la photographie, à cause du phénomène de déviation de l'image ("shifting"), dû à la translation du miroir primaire dans le tube optique. Ce phénomène est certes quelque peu handicapant pour la haute-résolution car il rend la collimation très imprécise, mais des solutions techniques existent comme les crémaillères CRAYFORD de BAADER PLANETARIUM qui se vissent au foyer du tube ou la modification complète !
Rattrapages électriques parfois tardifs sur la monture lorsqu'on agit sur la raquette. Cela ne devient vraiment problématique que lorsqu'on pratique la photographie très longue pose du ciel profond au foyer du C8.

Arnaud FIOCRET © 2009

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