Retour accueil traits

Les vulnérabilités associées

L'ouvrage "Etre adulte à haut potentiel" de Stéphanie Bénard liste les différentes manifestations des vulnérabilités et pathologies associées à la douance. Un surdoué, c'est le paradoxe entre un solide plan de connaissances et l'incapacité relative à maintenir des assises affectives contre les assauts de l'existence. Cette situation est bien-entendue valable pour moi. Les derniers évènements intervenus dans ma vie en ce début 2011, ayant eu une très forte répercussion sur ma santé jusqu'aux derniers semaines d'avril, elles auront été l'occasion de réaliser à quel point j'appartiens à cette famille très minoritaire d'individus.Les manifestations psychopathologiques chez les surdoués relèvent souvent du registre obsessionnel. L'investissement des défenses rigides favorise, on le sait, les activités de pensée.

Trop intelligent pour être heureux ? Le titre du livre de Jeanne Siaud-Facchin demeure le plus démonstratif. L'intelligence humaine très supérieure conduit au mal-être, à la fragilité, à la souffrance mais certainement pas au bonheur.

Parmi les fragilités ou les pathologies fréquemment associées au surdouement :

  • Anxiété généralisée
  • Trouble panique
  • Inhibition intellectuelle
  • Faux-self
  • Phobies
  • TOC (Troubles Obsessionnels Compulsifs)
  • Troubles de l'attention
  • La spasmophilie
  • Troubles somatoformes
  • Surinvestissement intellectuel
  • Hyperactivité
  • Dépression
  • Troubles des apprentissages
  • Syndrome d'Asperger
  • Névrose obsessionnelle
  • Etats limites
  • Troubles bipolaires

Les fragilités en vert sont celles que j'ai personnellement vécues, de l'enfant à l'état adulte, en passant par l'adolescence. Au vu du nombre important de ces fragilités identifiées, le surdouement est particulièrement marqué chez moi et m'a parfois fait passer par des moments fort douloureux durant ma scolarité. Depuis que j'ai rejoint la vie active, la plupart des troubles m'ont abandonnés car je ne fus plus contraint par les pressions des délais, par les pressions des notations, par la pression d'obtenir un examen coûte que coûte (mon avenir professionnel en dépendant) comme je le fus au cours de mes études.

Même si j'ai passé deux années de BTS particulièrement heureuses avec des professeurs adorables, la cohabitation entre mes aspirations de perfectionnisme et la hiérarchie professorale n'a pas toujours été paisible ; ce fut parfois des conflits douloureux. La sensation d'avoir produit le meilleur de moi-même a toujours été une nécessité sine qua non pour me sentir épanoui. Pour un surdoué et donc pour moi, soit l'oeuvre produite est irréprochable ou bien ce n'est pas la peine de la présenter. Je peux me permettre désormais d'être perfectionniste selon mes aspirations propres et selon mes propres délais, sans en souffrir.

Mon perfectionnisme qui s'exprime désormais dans la photo et tous mes domaines extra-professionnels dans lesquels il existe la perception d'un défi à remporter ou pourquoi pas à dépasser !!! La photo étant par ailleurs un domaine où le perfectionnisme est une sensation très subjective, mon obstination affective pour certaines images n'est pas toujours comprise de yeux extérieurs en contrepartie... Il y aura toujours donc quelque-chose à reprocher à l'expression "anti-conformiste" de mon haut potentiel. Mon perfectionnisme a toujours été ma qualité première de surdoué mais aussi ma plus grande faiblesse lorsque celle-ci se retrouve compromise par un environnement extérieur hostile au total accomplissement de celui-ci en prétextant d'autres critères d'évaluation.

C'est d'autant plus facile actuellement à mon poste de Dessinateur/projeteur de gérer ce perfectionnisme car je bénéficie de l'autonomie d'organiser mon travail comme bon me semble et c'est dans cette liberté que j'ai toujours donné naissance à mes plus belles réalisations. Du moment où j'ai quitté l'enseignement, la totale liberté de vivre comme je le souhaitai et d'appréhender les problèmes selon mon intelligence particulière sans me sentir cloisonné dans un moule, facilitèrent ma façon bien singulière d'exister en ce monde. D'un seul coup, je ne souffrais plus de cette sensation d'étouffer dans un cadre trop restreint pour moi.

Mais ce serait oublier trop rapidement la célèbre phrase d'Antoine Lavoisier : "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.". Soulagé de ce perfectionnisme douloureux, je dois dés lors affronter à tout instant une autre manifestation de la douance dans ma sphère professionnelle : Ne pouvoir m'appuyer que sur certaines personnes pour lesquelles j'ai une profonde et solide considération. Le surdoué se retrouve toujours en difficulté pour accepter les règles qui viennent de l'extérieur (hiérarchie le plus souvent) car elles sont toujours discutables et peuvent être remises en cause. Les rapports de hiérarchie et d'autorité sont parfois voués à des tensions. Compte-tenu de mon manque d'acquis dans mon secteur d'activité, il y a seulement quelques personnes exceptionnelles pour leurs compétences sur lesquelles je puisse m'appuyer et apprendre. Pour le reste, c'est déjà déroutant.

Cela est d'autant plus vrai que je suis le seul à utiliser certains logiciels et à détenir certaines compétences particulières.


Arnaud FIOCRET © 2011

Toutes les images ainsi que les textes de ce site sont protégés par les lois internationales sur le copyright et ne peuvent être utilisés, sous quelque forme que ce soit, sans une autorisation écrite de son auteur. © Copyright Arnaud FIOCRET.