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Le quotient intellectuel (Q.I)

Comme déjà énoncé sur mon blog, le surdoué n'est pas plus intelligent qu'un autre mais différemment intelligent. Il diffère juste de la majorité de la population française et mondiale, par son fonctionnement cérébral original qui place l'intuition devant le raisonnement logique (tandis que c'est l'inverse qui se produit dans le cerveau d'un être ordinaire). Nous allons donc aborder le sujet sensible de l'intelligence ou plutôt des intelligences car quelque-soit la nature du sujet (ordinaire ou touché par le surdon), ce qui fait la richesse d'un individu, c'est que l'intelligence est finalement plurielle.

C'est d'ailleurs dans ce registre que je vais oser m'égarer sur le QI (Quotient Intellectuel). Ce test est très fréquemment mis en avant pour valider ou non, l'existence du surdon dans un individu. Or, un test de QI a des limites et il faut toujours s'en souvenir quand on en passe un. Le QI ne doit pas être confondu avec niveau d'intelligence. L'étude du CNRS de 2002 met en garde sur ses limites pour la recherche des surdoués.

Les limites du QI a été encore fort récemment l'objet des propos de la spécialiste Audrey Platania (du centre Cogito'Z fondé par Jeanne Siaud-Facchin) dans un interview publié le 22 décembre 2011 dans le journal web Cmonécole : "Le QI, mesuré par des tests, est un indice, mais ce n'est pas le seul indice. Ce n'est absolument pas le QI tout seul qui permet de poser le diagnostic. (...) Les surdoués sont aussi des enfants qui font passer l'affect avant tout, des "surdoués du coeur". Ils marchent beaucoup à l'affectif. Ils sont hypersensibles à l'injustice. Ils sont très attachés à la notion de loyauté dans les relations avec autrui, ils peuvent ressentir comme des trahisons ce qui nous semblerait de petites contrariétés. On peut donc avoir moins de 130 au test de QI et être surdoué, parce qu'on aura ces caractéristiques. Inversement, on peut avoir plus de 130, et ne pas être surdoué, mais juste très intelligent ..."

Dans un test complet de dépistage du surdon, le seul aspect quantitatif du QI (la valeur obtenue de 40 à 160 avec la moyenne à 100 sur l'échelle standardisée de Wechsler) ne suffit pas car il faut aussi étudier l'aspect qualitatif du sujet testé, c'est à dire prendre en compte sa personnalité propre pour voir si son mode de fonctionnement cérébral dans sa vie quotidienne (en l'écoutant sur son passé aussi) est effectivement bien celui d'un être atteint de surefficience mentale.
Cette approche est essentielle car il faut bien prendre conscience du grand décalage de ces sujets par rapport à la société qui les entoure et souvent ce genre de personnes vont passer un test de QI en désespoir de cause, pour tenter de trouver une solution à leur souffrance mais pas du tout pour affirmer à la face du monde qu'elles sont supérieures puisqu'elles se sentent justement idiotes !

Un test de QI est fondé uniquement sur la seule intelligence logico-mathématique. C'est bien trop peu pour juger l'intégralité d'un sujet puisque la façon comment s'exprime l'intelligence d'une personne est le résultat de l'équation entre les expériences (l'acquis) et l'hypersensibilité (l'inné). L'inné étant extrêmement beaucoup plus développé chez un sujet surdoué que chez un sujet ordinaire, ce sera donc à la psychologue de diriger avant tout les tests sur l'inné du sujet plutôt que sur ses acquis. Ainsi, il n'est pas étonnant que des QI faibles puissent parfois malgré tout témoigner d'êtres surdoués, particulièrement réceptifs et sensibles.

Un test de QI sollicite des références de culture générale et renvoie à tout un cadre scolaire qui correspond pour moi notamment à un souvenir cauchemardesque, sauf à mon BTS, durant mes deux dernières de scolarité où j'ai pu exprimer toute ma créativité dans un thème de fin d'études passionnant, des professeurs ouverts et charmants, donc j'étais tout naturellement beaucoup plus épanoui que toutes les années précédentes durant lesquelles j'avais plutôt manifesté beaucoup de rebellions et de rejet vis à vis du système éducatif ! Une partie des résultats obtenus lors de mon test de QI en 1995 étaient le reflet de ces blocages mais aussi des deux handicaps qui marquèrent le début de mon développement personnel (surdité et problème de vue réglés trop tardivement) ainsi que de multiples troubles psycho-moteurs. Cela étant, en regard du résultat quantitatif malgré tout obtenu à ce test de QI sur la partie Verbale, de la fine analyse de ma personnalité propre ainsi que de mon parcours du combattant, la psychologue (véritable professionnelle du "surdouement") qui s'était chargée de m'évaluer avait affirmé à mes parents à l'époque que tous ces blocages étaient clairement visibles sur certains subtests (surtout dans le QI performance) mais que en revanche, j'avais été capable de merveilleusement compenser les ravages produits par mes handicaps par un hémisphère droit (intuition et créativité) extrêmement développé et efficace.
Il s'agit là très justement de la manifestation de la fameuse résilience du surdoué.

Cécile Bost affirme notamment la principale limite du test de QI : "[...] Le test n'est pas prévu pour prendre en compte certains handicaps, notamment ceux en "dys-" (dys-lexie, -orthographie, -graphie, -calculie, -praxie...) qui gênent la personne dans sa compréhension des consignes ou dans leur exécution. Il est important de mentionner combien les difficultés d'apprentissages peuvent avoir un impact sur le résultat d'un test d'intelligence.". Un authentique surdoué peut ainsi ne pas être repéré si la psychologue se chargeant du test n'est pas suffisamment professionnelle pour dissocier un ou plusieurs handicaps de la surdouance. Mon QI hétérogène entre verbal et performance sont ainsi justement pour moi la manifestation d'une dyspraxie aplanissant mes résultats en performance.

De surcroît, une très bonne psychologue éveillée à la surdouance n'aura certainement aucun mal à percevoir rapidement cliniquement mon mode de fonctionnement cérébral différent, sans même avoir effectué mon test de QI, tellement ma pensée arborescente et divergente est expressive. Suivre une conversation avec moi est difficile et donnera lieu parfois à quelques énervements de certains de mes interlocuteurs car un mot en appelant souvent un autre sur des sujets parfois très éloignés, ces mêmes personnes ne comprendront pas toujours la nature du lien très subtil qui pourraient exister entre ces idées alors que pour ma part, il est tout à fait clair.

En l'absence de tous ces troubles psycho-moteurs, elle en a convenu à l'époque que je suis un sujet totalement broyé par le système éducatif appartenant sans nul doute au 2% de la population d'où ce fort sentiment de décalage permanent si étouffant avec mes camarades de classe durant l'enfance que j'arrive à très bien gérer aujourd'hui, arrivé à l'age adulte, car ce qui me sauve aujourd'hui dans mes tourments, c'est mon humour déconcertant, que j'ai su me forger au fil des années pour m'intégrer en faisant rire les autres ! Le QI n'a pas pu convenablement exprimer toutes mes capacités mais qu'importe, mon hypersensibilité d'adulte à haut potentiel est présente et bien présente ; c'est celle-ci qu'il convient finalement de prendre en considération. Cet humour qui jaillit n'importe comment, n'importe quand, n'importe où, fut ma façon de m'extérioriser vers les autres pour ne pas paraître trop austère, trop distant, trop inquiétant aux yeux de la société.

A force d'expérimentations personnelles, mes acquis en photographie et mes recherches en zootechniques me permettent désormais d'exprimer pleinement ce don motivé par une hypersensibilité terrible (l'inné). Reconnu par mes pairs, reconnu par la société, on vit forcément mieux. Identifié extérieurement favorablement, notre perception interne s'améliore. Mon comportement ou ma différence tolérée par les autres, on est forcément motivé à se dépasser pour son bonheur mais aussi pour le bonheur de tous car il ne faut pas oublier que le surdoué est une personne animée par un fort altruisme ainsi que par une intense empathie.


Arnaud FIOCRET © 2011

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