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Tranche II depuis 2013 - De l'assise de soi à la mise en scène de soi

Retour à la tranche I de 2005 à 2012
2013 : La récréation - Quand plume et appareil photo se taisent, la caméra reprend le témoignage interrompu

L'année 2013 fut une période récréative. Elle demeurera une année complexe, assez difficile à expliquer à moi-même comme à mes interlocuteurs dont les projets initiaux ne seront pas suivis à cause d'événements inattendus dont le plus fondamental survient en novembre 2012.

J'abandonne quelque-temps la lecture. Mes voyages en Pays de Bray s'éteignent peu à peu. Finis les séjours sur Paris pour mon projet de dresser un portrait des plusieurs dizaines d'églises parsemant la capitale. L'appareil photo reflex devient plus silencieux alors que la caméra reprend le témoignage interrompu, tandis que l'appareil photo compact permettra de maintenir une activité artistique tout juste suffisante. La plume devient elle-même beaucoup plus timide et on comptera que peu de nouveaux dossiers remarquables en 2013. Malgré cette baisse bien marquée d'activité, la mise à jour majeure de mon site internet intervenue en janvier 2014 présente près de 300 nouvelles images et mes débuts dans le cinéma d'amateur.

On peut observer en 2013 la plus longue suspension jamais observée des actualisations de mon blog-photo à partir du mois de juillet jusqu'au début du mois de janvier 2014, ce qui laisse supposer un court instant que l'artiste-photographe a déserté son atelier. Submergé plus justement sous le volume de projets, j'ai irrémédiablement fléchi mais le début de l'année 2014 fut l'occasion de rattraper cette défaillance. A partir de septembre 2013, ma production s'arrête un temps pour reprendre en décembre car des épreuves de la vie quotidienne m'y contraignent. Derrière cette baisse très remarquée d'activité par mes visiteurs, se laisse entrevoir une radieuse diversification de mes travaux dans laquelle hélas on pourra déplorer la progression du quantitatif au net désavantage de la qualité. Globalement, je me satisfait de la productivité de l'année 2013 mais cela restera pour moi une année décevante car elle marque un éloignement certain avec ma démarche habituelle de photographe, n'y percevant pas la sainte qualité dont j'avais la minutieuse habitude de chercher à atteindre car il me faut dorénavant composer avec des contraintes nouvelles auxquelles je pouvais jadis échapper dans mon emploi du temps...

L'année 2013 se caractérise surtout par plusieurs déplacements sur deux jours voire une semaine entière, un comportement tout à fait nouveau chez moi. Jusqu'alors fermement attaché à mon Pays de Bray et à des allers-retours sans hébergement sur place, ces déplacements marquent la période. En la seule année 2013, Amiens est la commune recevant pas moins de trois visites de ma part car elle regorge de curiosités et son ambiance particulière me fascine.

9 et 10 mars 2013 - Amiens

La première exploration du secteur d'Amiens aura eu pour objectif de suivre un circuit de découverte de 5 sites d'importance capitale, relatifs à la première Bataille de la Somme (1916) dans un triangle entre les villes d'Albert, Péronne et Bapaume :

  • Basilique Néo-Byzantine d'Albert
  • Cratère Lochnagar de La Boisselle
  • The British Cemetery de Pozières
  • Le Parc Neuvien de Beaumont-Hamel
  • The Thiepval Memorial to the Missing of the Somme

La toute première étape en la Basilique d'Albert fut un appel au souvenir et à l'émotion, tant historique que personnel puisqu'en juillet 2005, presque huit ans auparavant, c'est en ces murs que ma carrière d'artiste-photographe tout naissante connaîtra sa plus brutale expansion par ma propulsion immédiate vers une popularité mondiale.

Amoureux d'histoire, surtout lorsqu'il s'agit de la première guerre mondiale, ma visite au cratère de mine de Lochnagar du 1er juillet 1916 produit par l'explosion de 54 tonnes d'Ammonal enterrées à 18 mètres de profondeur sous les lignes allemandes, mesurant 91 mètres de diamètre pour 25 mètres de profondeur fixe le ton grave du circuit. Véritable cimetière, on dénombre pas moins de 150 victimes tuées sur le coup dormant encore au fond du cratère, ensevelies sous les retombées. Au point ultime de l'horreur, le mélange explosif britannique a projeté la terre et les débris des destructions jusqu'à 1200 mètres d'altitude.

Second grand moment d'émotion lors de ma visite du Parc Neuvien de Beaumont-Hamel, grand lieu historique où se déroula l'une des actions les plus meurtrières de l'offensive de la Somme. En une demi-heure, le 1er juillet 1916, presque tous les officiers Terre-Neuviens sont tués ou blessés sous le feu des mitrailleuses allemandes et seuls 68 fantassins valides en réchappent. Le site, tout simplement exceptionnel permet d'admirer le réseau de tranchées parfaitement conservé.


31 mars - 1er avril 2013 - Etretat

Petit séjour sur le littoral normand avec le NIKON Coolpix P7100.

Je n'avais pas envie de m'encombrer car je n'avais pas l'esprit à la photographie.

Je ne portais pas à ce lieu une importance suffisamment importante pour qu'il me semble vraiment utile d'utiliser le plus lourd et plus performant de mes outils. Encore une fois, ce compact haut de gamme révéla ses capacités à produire des images d'une qualité compatible avec mes exigences artistiques lorsque se présenta quelques bonnes occasions inattendues d'éclairages sublimant les falaises.

Le soir du 31 mars, j'ai produit mes premières images nocturnes en longue pose avec cet appareil et à mon grand étonnement, le piqué fut au rendez-vous. Lors de ce court séjour, je me forge à l'idée que le P7100 peut aisément remplacer mon lourd reflex D7000 dans des reportages ultérieurs.


18 et 19 mai 2013 - Tours et Zoo de Beauval

Je débarque à Tours le 18 mai au soir. Il pleut à torrent et je ne peux malheureusement rien photographier en ville, tout du moins en extérieur.

Je parviens à me confectionner en accord avec le programme de ces deux jours, à partir de mon sac LOWEPRO Pro Runner 200 AW, un ensemble discret complet :

  • Reflex numérique D7000 + téléobjectif NIKON 70-300mm ED pour le Zoo
  • Le compact P7100 pour les photos sur Tours
  • Le camescope HD SONY HDR-HC9E pour des essais vidéos
  • Le GORILLAPOD pour les longues poses d'intérieur

Je reste campé à l'hôtel jusqu'à 19h15. A partir de 19h30, la pluie cesse et cela m'autorise à me rendre jusqu'à la basilique néo-byzantine Saint-Martin pour en saisir les splendeurs intérieures et les jeux de lumières.

Le Zoo de Beauval est l'occasion d'observer un grand nombre d'espèces animales et d'en saisir sur certaines de bien belles couleurs...


13 et 14 juillet 2013 - Amiens

Fête nationale rime dans mes petits carnets en 2013 avec la ville d'Amiens.

Ce déplacement visait à conjuguer distraction et travaux d'imagerie exclusivement dans cette ville :

  • Feu d'artifice, le 13 juillet au soir
  • Gastronomie locale dans mon restaurant préféré
  • Intérieur de la cathédrale d'Amiens
  • Hortillonnages d'Amiens

Le reflex NIKON D7000 sera utilisé pour saisir les sujets convoités. Il sera ensuite totalement abandonné pendant une durée avoisinant les six mois au profit du compact NIKON COOLPIX P7100 car le mois suivant coincidera avec mon départ pour l'Alsace/Allemagne et la période fin août/décembre sera d'une stérilité artistique totale.


16 au 24 août 2013 - Alsace et Allemagne

Je m'envole pour Wingen, charmante commune du Bas-Rhin (Région Alsace), le 16 août 2013 à 12h30. Je n'y arrive qu'en fin de soirée, le temps de m'attarder dans le centre-ville d'Haguenau pour y faire quelques courses alimentaires pour la semaine. A Wingen, on m'y attend la nuit tombée, dans une chambre d'hôtes tenue par une famille charmante.

Du 16 au 24 août 2013, mon hébergement est alors assuré à Wingen. Je suis très avantageusement positionné pour l'Allemagne (A vol d'oiseau, 4 km de la frontière).

Le programme est réalisé à 80% et permet la couverture de treize sites majeurs :

  • Les ruines du Loewenstein et du Fleckenstein (France)
  • Base 901 de Drachenbronn-Birlenbach (France)
  • Hunspach, l'un des plus beaux villages de France
  • Château et église de Rastatt (Allemagne)
  • Le Four à Chaux de Lembach (ligne Maginot) - (France)
  • Conseil de l'Europe de Strasbourg (France)
  • Château du Haut-Koenigsbourg (France)
  • Francfort, capitale des Finances Européennes (Allemagne)
  • Colmar (France)
  • Riquewihr, l'un des plus beaux villages de France
  • Eguisheim, l'un des plus beaux villages de France
  • Baden-Baden (Allemagne)
  • La Forêt Noire et Triberg (Allemagne)

J'attaque l'Alsace dans les meilleures dispositions possibles en emportant tout l'équipement approprié (longue-vue, paire de Jumelles, chaussures de marche, cartes IGN, parasol, tabouret de poche, casquette assurant une protection de 98% face aux UV, etc...). Pour ne pas surcharger davantage le marcheur, j'ai allégé au maximum l'artillerie d'imagerie en plaçant toute ma confiance sur mon compact NIKON Coolpix P7100 et mon camescope HD SONY pour les films. Leur transport fut optimisé en optant pour l'excellent sac LOWEPRO Urban Sling 150, présentant l'intérêt de pouvoir également y glisser ma tablette NEXUS 7.

L'Alsace est l'occasion d'utiliser massivement le mode manuel du NIKON Coolpix P7100 pour la photo nocturne et des poses jusqu'à 30 secondes. La polyvalence de ce compact ne me fit pas regretter le choix d'abandonner mon reflex au domicile par soucis d'encombrement. Revenir avec des images nocturnes de Riquewihr ou de Triberg de ce niveau de qualité n'était pas prévisible ; dois-je ainsi en conclure électroniquement que le format RAW sans perte de 12 bits et un bon processeur interne de gestion du bruit du capteur permet de véritables miracles, surtout si le compact est doté d'un objectif ED de très bonne facture.


Deux reportages importants (la Thiérache et l'église réformée américaine de Château-Thierry) mobilisent une seule journée :

25 avril 2013 - La Thiérache

La Thiérache selon Wikipédia est "une région naturelle qui regroupe des régions de France et de Belgique où l'on retrouve des traits paysagers et architecturaux similaires : présence du bocage, de l'herbage, terrains vallonnés, habitat dispersé, maisons traditionnelles construites en pierres ou en briques avec des insertions en pierre et munies d'une toiture en ardoise." Marquant tout particulièrement le Nord-Est du département de l'Aisne, la Thiérache présente la spécificité de regrouper pas moins de 65 églises fortifiées dans une zone presque circulaire.

Le 25 avril 2013, mon reportage s'attarde sur quatre d'entre-elles :

  • Montcornet
  • Parfondeval (village classé parmi les plus beaux de France)
  • Jeantes
  • Plomion

L'église de Jeantes est de très loin la plus fantastique avec son intérieur décoré par le peintre hollandais Charles Eyck, 400 mètres-carrés de fresques exécutées en 1962 à la demande du curé de Jeantes.


28 août 2013 - Eglise réformée américaine de Château-Thierry

Château-Thierry est la commune natale de Jean de La Fontaine (1621-1695). Presque exclusivement connue pour cela, on en occulte bien souvent le reste du patrimoine dont les remparts et l'église Saint-Crépin mais encore bien davantage son église réformée américaine dont la particularité pourtant est d'abriter notamment un vitrail représentant la Fayette, Foch, Joffre, Pétain et Nivelle.

Pendant la Première Guerre mondiale, une église méthodiste américaine a créé un fonds pour le soutien moral des soldats engagés sous la bannière étoilée. Le solde des sommes récoltées a servi à construire ce temple inauguré en 1924. Le monument est inscrit au titre des monuments historiques depuis 2003.

La famille Roosevelt dont est issu le 32ème président des Etats-Unis, Franklin Delano, a été fortement endeuillée pendant la première guerre mondiale. La Bible entreposée à demeure dans le choeur de cette église est l'un des dons de son épouse, Eleanor Roosevelt, en témoignage de son implication entière dans le soutien moral des troupes.

Le compact P7100 révèle des capacités insoupçonnées pour saisir les moindres subtilités des couleurs des vitraux.


L'année 2013 signe aussi mes premiers pas en ornithologie. Quand je ne suis pas derrière mon appareil photo, je suis derrière la caméra et à défaut de ces deux activités, j'ai appris en 2013 à perdre mon temps dans l'observation de la nature en investissant dans deux nouveaux compagnons de jeu : Jumelles et longue-vue.

Ces Jumelles et longue-vue sont toutes deux de la marque FREHEL, carrefour entre le savoir-faire de BUSHNELL et les fameux magasins N.&DECOUVERTES. Observer la nature ne se fait pas toujours par grand soleil et conditions idéales mais également par temps de pluie et très froid. Dans l'achat de ces deux optiques, j'ai trouvé les outils idéaux pour le visuel, même dans les conditions les plus inhospitalières, grâce à une étanchéité optimale à l'azote. Outre une bonne qualité de fabrication, la qualité optique ne fait aucun doute, bien qu'il existe bien meilleur dans d'autres marques autrement plus prestigieuses et plus chères. Ma curiosité me conduit, comme avec les bovins, à établir un arbre phytogénétique des oiseaux de France :

Les Jumelles sont des 8x42 en prismes en toit. Leur grossissement de 8x et leur ouverture de 42mm en font un outil excessivement lumineux, maniable et léger pour le repérage et observation des espèces les moins farouches.

La longue-vue permet des grossissements de 20x à 60x avec une ouverture de 80mm. Elle ne permet plus vraiment des observations de qualité au delà des 40x mais bien souvent les grossissements les plus élevés ne sont pas bien utiles. Le grossissement le plus bas de 20x réduit déjà considérablement les distances, au point qu'on puisse se demander si les grossissements supérieurs soient réellement une plus-value. A 20x, une cible située à une distance réelle de 80 mètres, est perçue comme si elle n'était qu'à 4 mètres. La longue-vue est un instrument d'observation terrestre exigeant l'emploi impératif d'un trépied léger de randonnée pour être confortablement utilisable. En récompense, la longue-vue permet de s'approcher virtuellement des sujets les plus farouches. Je dois à cette longue-vue mes premières observations de grenouilles vertes aux abords d'un lac situé dans le Vexin Français.

Le guide ornitho reconnu comme référence en la matière par nombreux observateurs est venu enrichir ma bibliothèque en octobre 2013. Ce guide permet l'identification, l'étude et la compréhension du comportement de bon nombre d'oiseaux. Il s'agit de l'un des matériaux de base susceptible en 2014 de me faire progresser dans le monde de l'observation. Les Passeriformes (passereaux) représentent à elles-seules un sujet d'occupation à plein temps...


17 février - mars - mai - 7, 17 et 28 juillet 2013 - Pays de Bray

En février, mars, mai, juillet, j'ai tenté de conserver une proximité avec mon très cher Pays de Bray. Certaines sorties n'auront eu juste pour but de me vider la tête, sans la compagnie d'un appareil photo ou d'une caméra. Exceptionnellement, mon éloignement du Pays de Bray fut si important en 2013 que je n'ai même pas pu prendre le temps de m'y attarder pendant mes congés d'été à cheval sur le mois d'août et septembre alors que les trois dernières années, mon mois de septembre était totalement dédié à remplir mes cartes-mémoire de paysages, de bovins et d'agriculture.

Le 7 juillet 2013, je profite d'une journée dans le Pays de Bray pour des expériences afin d'évaluer la longue-vue achromatique FREHEL 20-60x80. Aux abords d'une route de très nombreuses fois empruntée depuis 2009, j'ai déployé mon artillerie d'observateur afin de la diriger vers une cible éloignée : Des vaches en train de labourer l'herbe d'un champ, situées à plusieurs centaines de mètres de mon point d'observation. Dépourvu de télémètre optique, la distance assez précise de mes cibles a été déterminée ultérieurement se trouvant dans une fourchette comprise entre 250 et 300 mètres grâce à la fonction extrêmement fiable de métrage de Google Earth dont la capture d'image ci-dessous est extraite afin d'en attester :

Quelques calculs sous la forme d'un tableur ont permis d'établir des relations de focales très intéressantes entre jumelles, longue-vue et téléobjectifs photo :

Cliquez sur le tableau de calculs optiques pour le visionner convenablement

Mes débuts dans le cinéma d'amateur accouchent de plusieurs vidéos dont un premier court-métrage sur le Pays de Bray approchant les 15 minutes, soulageant ma frustration de n'avoir pu pouvoir inscrire en 2013 de nouvelles images d'agriculture ou de paysages dans mon portfolio :


L'acquisition d'un graveur de Blu-Ray externe en novembre et de ma tablette communiquante en mars jouent un rôle non négligeable dans ma façon de vivre mes déplacements et mes passions.

La tablette NEXUS 7 devient une interface de communication incontournable à la toute fin de mars 2013. Elle me permet à l'hôtel, dans la voiture ou dans le train dans un format poche d'accéder à internet où que je sois via le réseau mobile HSPA+ ou bien la WIFI gratuite des lieux publics.

Le graveur Blu-Ray permet de graver des disques optiques d'une capacité de 25 Go contre les "minuscules" 4,7 Go d'un DVD. L'obtention de ce graveur a joué un rôle crucial dans le déblocage de la mise à jour d'avril 2014 car j'étais dans l'insécurité de perdre les 75 Go d'images accumulés sur le disque dur de mon iMAC depuis un an et demi.

En cumulant l'utilisation du compact P7100 et du reflex D7000, le volume des images est énorme. En pensant à la seule résolution de 16 millions de pixels du D7000 soit 50 Mo par unité au format TIFF, les images sont devenues si volumineuses que le DVD est devenu un disque obsolète pour le photographe. Grâce au Blu-Ray, sauvegarder un an et demi d'images revient à utiliser seulement 3 disques tandis que le même volume de données représente la gravure de 16 DVD !


28 et 29 décembre 2013 - Amiens

Le spectacle polychromique de la cathédrale d'Amiens signe la conclusion en beauté de l'année 2013, un certain samedi 28 décembre sur le parvis de ce majestueux monument classé dans la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Quatre mois de chaque année, en hiver et été, sont dédiées au déroulement de ce spectacle extraordinaire d'une durée de 40 min pendant laquelle la cathédrale semble reprendre ses couleurs d'antan grâce à un système de projection très hautement sophistiqué. Le spectacle se déroule du 15 juin au 3ème dimanche de septembre et pendant les fêtes de fin d'année du 1er décembre au 1er janvier. Au total, 9 projecteurs sont nécessaires au spectacle, dont 6 pour les portails, 2 pour la façade plus celui placé dans la cathédrale pour éclairer la rose. Ils sont répartis dans 5 cabines de projection créées spécialement pour le parvis de la cathédrale d'Amiens. J'ai chargé mon boitier reflex NIKON D7000, après un trop long abandon de presque six mois de saisir les douces subtilités d'une si belle parure éphémère de couleurs.

Le lendemain, le 29 décembre, je suis parti découvrir la crèche de Noël de la Basilique Byzantine d'Albert ; Pour finir avec un petit périple en hommage du passé sur les tombes de la famille de ma compagne à proximité de St-Quentin.


2014 : Les bases d'une transition existentielle et artistique majeure
En l'espace d'une seule année, mon destin d'artiste va connaître un bouleversement certain. L'année 2014 a été littéralement coupée en deux autour du mois de juillet par un "avant" et un "après" très nets. Bien que d'apparence beaucoup moins spectaculaire que l'année précédente, l'année 2014 fut pourtant extrémement riche. De la Basilique Saint-Thérèse de Lisieux à la Cathédrale Saint-Vincent de Saint-Malo, en passant par la cathédrale de Soissons, mon regard s'est porté très souvent en cette année 2014 vers les cieux comme si j'en attendais un message divin déterminant. Difficile en effet, au moment où furent prises ces trois vues architecturales ci-dessous d'imaginer tous les événements qui marqueront l'année la conduisant à une teneur finale inattendue. Je dois avouer que Dieu a toujours su faire de ma vie une existence éclatante de surprises et que le mieux est encore de s'en accomoder sans fléchir.

Ma séparation d'avec ma seconde compagne avec laquelle j'étais en couple depuis novembre 2012 signe une mainte et mainte fois une remise en cause psychologique et structurelle majeure de mon système de pensée. Cette séparation, douloureuse mais très salutaire pour mon équilibre personnel va influer très durablement sur ma façon de vivre, de réfléchir et va découler très très curieusement vers la fin 2014 à la naissance d'une nouvelle façon de pratiquer mon art en explorant de nouveaux domaines sur lesquels personne n'aurait parié un seul centime. Le hasard ? Je ne peux y croire, tout était déjà écrit, chacun a le droit de croire ou non à la notion de providence. Mieux encore, celle-ci représente également fondamentalement le marquage très fort d'une prise de conscience, d'un nouveau stade de mûrissement de mon intelligence sociale entraînant un changement assez radical de milieu relationnel et philosophique de mes fréquentations.

La richesse de l'année 2014 pourrait se résumer en plusieurs phases :

  • Beaucoup de photographies et de déplacements (janvier à juin)
  • Interrogations et méditation (juillet à septembre)
  • 5ème saison dans le Pays de Bray (août-septembre)
  • Nouveaux matériels (septembre à novembre)
  • Entrée active dans le milieu religieux (octobre)
  • Lancement dans la photographie argentico-numérique noir et blanc (novembre)
  • Débuts dans la photographie humaniste
Beaucoup de photographies et de déplacements (janvier à juin)

La première grande partie de l'année 2014 est marquée par des déplacements marquants pour ma production photographique :

  • Soissons - 12 janvier 2014
  • Angers - 16 février 2014
  • Noyon et Montdidier - 6 avril 2014
  • Zoo d'Amiens - 14 avril 2014
  • Blois et Chambord - 19 et 20 avril 2014
  • Dozulé et Lizieux - 26 avril 2014
  • St-Malo et le Mont-St-Michel - 3 et 4 mai 2014
  • La Ferté-Milon - 25 mai 2014
  • Le Vexin - 8 juin 2014

Cette période prend fin par l'amorce d'une autre période de juillet à septembre, celle d'un retrait méditatif profond, où je m'interroge longuement pour la suite de mon existence aussi bien sur un plan moral, affectif et artistique. Tandis que l'amour s'envole, il me faut voler au secours de ma conscience déchiquetée par le doute.


Cinquième saison dans le Pays de Bray (août-septembre)
Un amour est mort mais la vie continue. Pour accompagner mon retrait méditatif, je vais me réfugier dans l'une de mes valeurs sûres : Le territoire du Pays de Bray. Ce territoire accompagne toute ma productivité artistique depuis 2009. Après trois premières saisons complètes (2009, 2010, 2011), une timide (2012) et le divorce de 2013, l'année 2014 marque la cinquième saison en Pays de Bray. J'y retrouve tous les matériaux ayant fait mon succès depuis ces dernières années.

Paysages, bovins, agriculture, lumières, habitat,...Tout y est !...Pour une production sans surprise et finalement sans excitation ! Cette nouvelle saison dans ce territoire est néanmoins l'occasion de tester du tout nouveau matériel et d'apprécier ma nouvelle façon de travailler à deux boitiers reflex. Le nouvel objectif ainsi que ma toute nouvelle méthode de travailler marquent des points et me permettent de rapporter de nombreux clichés à la composition inédite.


Nouveaux matériels (septembre à novembre)

A partir de septembre 2014, mon matériel connaît une petite évolution comme j'apprécie en faire régulièrement. Cette évolution est marquante car j'ai décidé en investissant dans mon objectif FISHEYE NIKON 10,5mm qu'il s'agirait du sixième et dernier objectif de ma collection. De plus, en investissant dans mon sac photo ultime (homologué pour le transport en avion) capable de transporter sur roulettes mes deux boitiers reflex D90 et D7000 ainsi que toute mon artillerie technique, j'ai marqué un point de fin également à mes évolutions dans le domaine du monde du reflex car la vraie dernière évolution est à prédire ailleurs.

Septembre 2014 signifie également une évolution historique majeure dans le traitement d'image avec l'achat d'une licence de DXO Optics Pro V9. Capture NX2 cessa d'être mon logiciel de référence dans le traitement de mes images. Mes images connaissent un bond spectaculaire dans leur rendu et les perspectives dans mes travaux d'architecture connaissent des corrections sans précédent. DXO Optics Pro m'a instruit sur un sens bien réel de la vie : Nous sommes des perpétuels débutants, même dans un domaine où notre expertise ne fait plus guère de doute. La quantité très importante de clichés à développer pour cette année écoulée (325 au total) ainsi que le capteur de mon Nikon D7000 dévoré par les poussières m'auront donné bien du fil à tordre pour publier convenablement ma dernière grande phase d'enrichissement de mon portfolio. On ne peut échapper éternellement à certains de ses devoirs...

L'année 2014 fut enfin marquée en novembre par l'achat d'un second flash, le SB-400, petit mais puissant, me permettant de pratiquer la photographie de portrait en lumière indirecte avec mon Nikon COOLPIX P7100 et de pouvoir ainsi me déplacer avec un studio si compact qu'il tient dans un petit sac d'épaule insignifiant.


Entrée active dans le milieu religieux en octobre 2014

Mon travail photographique a toujours été assez marqué par l'architecture religieuse, la théologie et ma sensibilité fortement tournée vers Dieu. Cependant, me rendre à la messe, participer à des missions pour répandre la "bonne parole", la prière,...étaient autant de sujets qui ne faisaient pas partie de mon emploi du temps. Ma croyance en Dieu trouvait jusqu'alors sa simple expression par mes photographies.

Depuis octobre 2014, j'ai fini par me laisser guider par la "petite voix" qui parle en moi et dont j'ai pu en mesurer la puissance dans mon quotidien. Le Psaume de l'histoire de Job représente depuis ma plus tendre enfance l'un des exemples conduisant ma pensée spirituelle. Dieu est capable de nous offrir tellement de moments positifs qu'il est également important d'en accepter les plus noirs car la pensée divine est tellement plus élevée que la conscience humaine qu'il est important d'en écouter les signes.

Armé de mon Nikon COOLPIX P7100, j'ai démarré une série de prises de vues dont la nature me surprit moi-même fixant mon investissement dans un autre domaine improbable : La photographie humaniste.


Lancement dans la photographie argentico-numérique noir et blanc

Lors du développement des très nombreuses images de ma saison photographique 2014 au cours duquel il m'a fallu apprendre progressivement par la pratique le logiciel DXO Optics Pro, j'ai repris contact peu à peu avec la photographie monochromique grâce aux nombreux outils proposés par ce nouvel outil. Faute de connaissances, j'ai parfois au cours des six dernières années réalisé diverses tentatives de me lancer dans le noir et blanc sans grand succès. En 2012, je m'étais approché des connaissances expertes de Harold DAVIS sans pour cela y porter d'intérêt majeur.

L'esprit libéré par de nombreuses contraintes en cette fin d'année 2014 et encouragé par mes minces découvertes via le logiciel DXO, je me suis replongé un matin dans l'excellent ouvrage d'Harold DAVIS sur les techniques, savoir-faire et défis créatifs du noir et blanc...Et là, je me suis dit : "Euréka !".

Ma galerie "Monochrome 2014" illustre mes tergiversations sur DXO Optics Pro pour produire des images monochromes de qualité. Mes résultats étant déjà bien meilleurs que ceux que je pouvais obtenir par le passé avec tous les logiciels précédemment employés, je fus motivé à bloc afin de poursuivre mes expériences jusqu'à déboucher sur la bonne formule pour pratiquer le noir et blanc à partir d'une source numérique. La "bonne" formule est très connue des initiés à Photoshop et GIMP mais je n'ai pas de honte d'avoir pris autant de temps à les investir car jusqu'à présent le noir et blanc n'était pas un exercice que je prenais réellement très au sérieux. Comme beaucoup de photographes (des amateurs comme des professionnels) ne pratiquant pas la monochromie avec assiduité, j'ai souvent fixé la simple désaturation d'une image couleur comme le point de départ normal à mes images noir et blanc. Or, ce n'est pas la méthode la plus performante pour produire une véritable très belle image monochromatique car une image produite par le procédé de désaturation couramment proposé comme seule option par Capture NX2 (pour ne citer que lui) est toujours très plate, pâle et sans saveur. Malgré l'emploi de corrections locales sous Capture NX2 pour augmenter les contrastes, le résultat reste presque toujours très plat.

Pour peu que l'on fixe comme méthode de départ, non pas la désaturation mais le mixeur de canaux de Photoshop ou Gimp sur les 3 canaux (R,V et B), il devient possible de produire des noirs et blancs finement calibrés sur leur rendu. Avec quelques bons contacts dans la photo, on peut même se fier sur quelques valeurs types permettant de reproduire la réaction tonale de certaines pellicules analogiques.

Noir et blanc par désaturation

Noir et blanc sur AGFA APX 100

Noir et blanc sur KODAK T-MAX 100

Noir et blanc via un mixeur de canaux
L'idéal est de posséder un plug-in de simulateur de films argentiques comme DXO Film Pack, VSCO Film, Silver Efex Pro ou GIMC. Avec ce type de plug-in, il devient possible de se lancer véritablement à temps complet dans la photographie noir et blanc avec des résultats très convaincants. En testant la solution gratuite de Patrick David (GIMC), j'y ais personnellement trouvé la solution idéale pour me lancer enfin très sereinement dans l'imagerie argentico-numérique. Le noir et blanc reste la quintessence de l'art de l'image et en jouant sur le choix virtuel de la pellicule, on comprend mieux le professionnalisme qu'il convenait d'avoir avant l'ère du numérique pour un photographe lorsqu'il devait effectuer la délicate sélection irréversible de l'émulsion monochromatique en fonction de ses sujets.


Débuts dans la photographie humaniste

La photographie humaniste est un courant photographique international réunissant les artistes ayant pour intérêt commun l'être humain dans sa vie quotidienne. Ce domaine doit son importance à la popularité internationale d'oeuvres de très célèbres photographes français (Robert Capa, Robert Doisneau, Henri Cartier-Bresson, Willy Ronis,...). Sans le savoir, je pratique la photographie humaniste depuis mes premiers travaux dans le Pays de Bray. Sans le vouloir, je me suis peu à peu construit l'image de "sublimateur de situations tout à fait banales" qui ne le seront bientôt plus ! Ce genre dont l'équivalent anglophone est la "Street Photography" ne ne se limite alors pas au sens propre "à la rue" mais s'adresse au sens large de photographies prises de façon non posée dans les lieux publics afin de capturer des moments ou des détails du quotidien. De ce fait, les humains comme les animaux ou une simple vision de notre environnement prend le terme de photographie humaniste. En cette fin 2014, j'oserai toutefois parler humblement de début dans la photographie humaniste car à partir de cette période, j'ai peu à peu abandonné mes reflex pour les relayer au statut d'appareils secondaires afin d'y préférer la discrétion d'un compact afin d'aller beaucoup plus loin.

De nouveaux sujets sur lesquels mêmes mes proches n'auraient pas parié un seul centime font leur apparition dans mes images. Longtemps assez misanthrope dans ma façon d'appréhender la photo, l'être humain a peu à peu rencontré le champ de mes prises de vues. J'ai grandi au cours des six derniers mois de 2014 en photographiant des sujets que même ma propre personne auraient jugés impensables dans le cadre auparavant. Il existe presque à chaque fois une explication à une transformation si soudaine et je la dois intimement au moment précis où j'ai mis l'oeil au viseur de mon appareil photo en juin pour immortaliser mes collégues en pleine action festive lors de l'édition annuelle de la journée du personnel de l'entreprise dont je suis un employé depuis 2007.

Photographier dans un centre commercial ou bien immortaliser l'oeuvre éphémère d'une période de fêtes, était-ce un jour plausible de ma part ?

Après la campagne, ma fougue artistique investi progressivement la ville...

2015 : Confirmation dans la photographie humaniste et bouleversements existentiels

2015 marque une transition nette dans tous domaines. C'est l'année de la grande transformation personnelle et plus encore d'une révélation, sorte de concrétisation pratique toute logique des germes perceptibles en 2014. Une transformation si importante que son influence se ressent même dans la rédaction de cette page, à savoir que je n'ai plus vraiment le temps d'être très prolixe sur ma trajectoire artistique et cela même quand cette transformation mériterait davantage d'attention ainsi qu'une présentation biographique plus soignée. 2015 se résume rapidement par un total bouleversement de tout l'existant connu depuis (presque) toujours :

  • Abandon en février des boitiers reflex à objectifs interchangeables au profit de la focale unique de 35mm avec le compact télémétrique FUJI X100T
  • Dernière saison dans le PAYS DE BRAY clôturant ainsi six ans de passion pour ce secteur géographique inépuisable en sujets
  • Basculement total de la photographie d'illustration naturaliste en province vers la photographie humaniste dans l'espace urbain
  • Confirmation de mon activité de photographe humaniste en multipliant l'imagerie dans des lieux publics (quartiers de Paris, Gare du Nord, etc...)
  • Achat de mon appartement se caractérisant par un changement de domicile en novembre (abandon de mon cher Val D'Oise (95) pour le Val-de-Marne (94))
  • Changement de domicile faisant passer mon temps de transports en commun pour me rendre à mon travail de 1h45 à seulement 15 min !
  • Changement de domicile me plaçant à seulement 30 minutes (contre 1h15) du centre de Paris, favorisant ainsi ma pratique de la photographie humaniste
  • Changement de domicile m'imposant un rythme de vie paradoxalement beaucoup plus chargé, peu favorable à l'actualisation de mon site internet
  • Début d'un renouveau dans ma vie affective pouvant se solder, peut-être, enfin par un bien heureux événement...

L'année 2015 tient à elle toute seule la remarquable performance de rassembler toutes les transformations imaginables dans la vie d'un individu.

Le FUJI X100T se révèla un excellent compagnon de route m'accompagnant désormais pratiquement tout le temps. Au même titre que les célébres LEICA, le boitier compact de FUJI se révèla sur le terrain une excellente machine à faire des images en toutes conditions de lumière (200 à 6400 ISO réellement utilisables), en couleur tout comme en noir&blanc. Le X100T m'apporta d'ailleurs la précieuse occasion de perfectionner ma pratique du noir&blanc, dans la continuité de mes premières percées de 2014. Silencieux, discret, le look directement inspiré des vieux télémétriques argentiques, sa philosophie tout comme sa qualité d'image me permettent de me débarrasser absolument de tous les inconvénients de mes boitiers reflex utilisés jusqu'alors, tout en perfectionnant encore mon regard.

En 2015, grâce au FUJI X100T, j'ai su enfin concilier intelligemment dans ma pratique, la spontanéité de l'instantané avec la rigueur de la technique.

2015 représente à la fois l'année d'un tournant existentiel et d'un renouveau artistique bien affirmé.

Mon lien à l'architecture religieuse est fantastiquement décuplé avec le FUJI X100T. La visite de hauts lieux de mémoire de la Première Guerre Mondiale (14-18) représente en première partie de l'année 2015, l'un de mes travaux les plus forts, tant techniquement qu'émotionnellement. C'est en cette occasion que je prends connaissance de toute l'implication des divisions britanniques et surtout australiennes dans des victoires décisives face à la Prusse, l'ennemi de jadis.

L'investissement préliminaire dans ma nouvelle vie 24h/24 au sein de ma nouvelle localisation aura nécessité un mois et demi (à compter du 27 novembre 2015), au bout duquel fut instauré le rétablissement d'un internet haut débit digne de ce nom à la mi-janvier 2016. Rétablissement marquant d'une nouvelle ère et de la première mise à jour depuis ces nombreux mois de silence (depuis avril 2015). Faire de 2016, un virage artistique réussi représente la nouvelle page à écrire...
2016 : Une année bien étrange...
Il s'agit d'une année dont je ne risque pas d'oublier le déroulement inédit. L'année 2016 ne ressemble à aucune autre, vraiment à aucune autre. Elle avait pourtant bien démarré le 4 mars avec une reprise d'activité, après deux mois et demi d'inactivité, par un reportage au Salon International de l'Agriculture. Reportage marquant la poursuite de ma décontraction en milieu humain avec une implication toujours meilleure avec mes sujets.

A partir du 27 mars, après un bref retour dans le Jardin du Luxembourg et dans l'église Saint-Séverin, je débute une série photographique d'exploration de plusieurs édifices parisiens. Ceci est l'occasion de me replonger dans l'architecture religieuse et ses particularités selon les époques.

  • L'église Saint-Etienne-du-Mont (5ème), le 10 avril
  • L'église Saint-Eustache (1er), le 17 avril
  • L'église Saint-Germain des Prés (6ème), le 1er mai
  • L'église Saint-Sulpice (6ème), le 29 mai

Parallèlement, au cours du mois de mai, je perfectionne ma photo de rue par une ballade en solitaire entre Villiers-sur-Marne (94) et Noisy-le-Grand (93), par un reportage en famille dans Nogent-sur-Marne (94) ainsi que la découverte de son église mais également par une journée en famille à Paris dans le secteur de Bastille (4ème, 11ème et 12ème). Tout semble toujours prévoir une année susceptible d'être prestigieuse en photographie.

Survient une crue de la Seine particulièrement importante au point d'entrer dans les annales de l'histoire avec un maximum fixé à 6,10m atteint le samedi 4 juin à 2h du matin, avant d'enclencher une très lente décrue de 1,6cm/heure que je relate le 5 juin (lendemain du maxima) par un reportage dans Paris. Ce reportage marque également ma première utilisation du X100T avec la focale de 50mm avec le téléconvertisseur TCL-X100.

Toutefois, les jours suivants, quelque-chose m'intrigue : Un étrange bouton est apparu sur ma main droite. Il semble si petit et si peu dangereux que je le confond avec un furoncle, compte tenu que durant la même période, je suis sujet à ce type d'éruption. Tout à fait indolore, malgré l'apparition d'un léger oedème sans conséquence observable le 9 juin, je ne m'inquiète pas davantage, d'autant que j'ai pris la précaution de le soigner comme un précédent furoncle s'étant naturellement résorbé. Dès le 10 juin, l'oedème disparaît et je me sens tranquillisé. Seule une chaleur récurrente sur le dessus de la main demeure embarrassante. Deux jours plus tard, lors de mon exploration de l'église Saint-Germain L'Auxerrois de Paris (1er), ma main commence à prendre une allure plutôt inquiétante mais comment trouver un médecin dans un secteur médicalement saturé de l'Ile-de-France où plus aucun n'accepte de nouveau patient ? Se rendre aux urgences alors que je ne souffre absolument pas et que mon problème semble malgré tout si bénin ? Chaque jour apporte son lot de complications et c'est finalement le 14 juin au soir que je trouve un médecin acceptant de me recevoir en consultation libre pour les urgences. L'opération chirurgicale s'impose alors que la douleur demeure insolitement nulle. A partir du 15 juin, pourtant, le raidissement progressif de l'index témoigne d'une infection sérieuse. En conclusion, c'est sur la table d'opération que le chirurgien fait tomber le verdict : J'ai été mordu par une araignée et son venin particulièrement toxique a nécrosé toute la zone. Il faut tout nettoyer. Le curage revient à une ablation d'une grande partie du muscle extenseur et du pelage des tendons. "L'imprévu a ses charmes mais il est perfide, et que de désagréables surprises, cruelles même, il recèle souvent..." dirait l'écrivain et journaliste québécois Damase Potvin (1882-1964) en pareille situation. Ma production photographique s'arrête nette car il s'agit de ma main droite (celle qui décide, celle qui tranche, celle qui déclenche sur l'instant décisif).

14 juin (J-2 de l'opération)

18 juin (J+2 de l'opération)

2 octobre
Après l'intervention bienveillante à domicile d'infirmiers venant analyser l'évolution de ma situation tous les deux jours pendant les 54 premiers jours suivants l'opération de ma main, je réalise mon premier nouveau reportage photographique dans le magnifique parc du Château de Champs-sur-Marne (77), le 1er août. La main est encore hésitante, parfois douloureuse quand je tente des cadrages en orientation portrait. Ce premier reportage depuis ma mésaventure est une épreuve ; c'est un comble pour une passion. De toutes les façons, je suis contraint selon les conseils du chirurgien de porter un gant pour protéger ma main droite, au moins jusqu'en décembre 2017. Les divers spécialistes en chirurgie s'accordent sur une période de 18 mois pour la maturation de l'épiderme dans le cadre d'une ablation totale de tissus en cicatrisation dirigée. Je reprends alors progressivement le cours de ma vie à partir du 16 août avec mon retour à la vie professionnelle. Un mois plus tard, le 22 septembre, je réalise le dernier grand reportage de mon année 2016 lors du séminaire de mon entreprise au Château de Versailles (78).

L'appareil rejoint ensuite le sac durablement pour plusieurs mois. Il m'arrive à l'automne de parcourir Paris très sporadiquement mais le goût à la photo n'y est pas. Rien ne m'inspire curieusement pour déclencher, même si l'appareil photo m'accompagne toujours dans mon sac, au cas où. Suite à mon opération, il demeure un certain traumatisme et beaucoup de questions. Ce genre d'imprévu m'interpelle toujours. Le goût des mots prend temporairement le pas sur celui de l'image. Je débute une expérience de réflexion mystique à partir d'octobre. En un mois et demi jusqu'à la mi-novembre, je dresse l'introduction de ce qui pourrait représenter un grand travail de discussion et de débat d'idées à très long terme. Il me semble dès lors évident que l'année 2016 restera un cru bien particulier avec énormément de photos, un incident de parcours majeur balayant mes projets de l'été et la survenue atypique d'une longue méditation spirituelle.

Le 3 juin 2016, j'avais reçu le mail d'une personne travaillant pour les Editions Belin. Elle souhaitait reproduire l'une de mes photographies réalisée à mes débuts en 2005 dans le manuel scolaire d'Histoire-géo 3e - code 9703 de septembre tiré à 15000 exemplaires ainsi qu'une édition électronique en version ebook.

Je lui réponds rapidement dans la journée : "Je vous transmet le fichier HD de la photo sur lequel s'appuie mon accord de reproduction. Je suis toujours d'accord pour la reproduction de l'une de mes photos, surtout quand celle-ci s'adresse à l'éducation. La photo ne fera pas l'objet d'une facturation."

Il se passe plusieurs mois après ma réponse pour qu'enfin, l'année 2016 s'achève très favorablement le 6 décembre par la réception du justificatif numérique du manuel dans lequel a été reproduite mon image (page 30). Une certaine ironie de la vie entoure cette situation par rapport à mon total imprévu de parcours et vous comprendrez peut-être pourquoi. Autrement, l'essentiel, c'est de me comprendre...

Lectures, écritures, recherches, photographies, la tenue de mes blogs, la mise à jour de mon site internet, mon métier et mon emploi du temps à assurer...C'est dur, très dur de tenir la cadence, au point qu'au fur des années, on finit par se fatiguer et en perdre parfois le goût d'entreprendre. Ceci est encore plus véridique quand, parfois, des événements tout à fait imprévus viennent remettre en cause le programme. Accomplir toutes mes idées les plus ambitieuses tient du parcours du combattant car l'ennemi perpétuel de l'entrepreneur reste le temps autour duquel se joue la féroce compétition entre qualitatif et quantitatif...

Un paragraphe de Bernard Ollivier, écrivain voyageur, me qualifie plutôt bien : "Paresseux par nature, je ne fais les choses que sous la contrainte. Mais hélas, doué d'une imagination trop fertile, je m'invente des projets qui me créent des activités illimitées. D'autant que, stimulé en quelque sorte par ma fainéantise, je travaille vite et fort pour me débarrasser le plus rapidement possible du fardeau que je me suis imposé et qui m'empêche de me reposer. A peine est-ce fini, ça recommence, "le rouet" comme dit Montaigne. Dans ces conditions, tout au long de ma vie adulte, j'ai toujours eu peu de vrais loisirs, je veux dire de repos." Fin de citation, il n'y a rien à rajouter, cela se passe totalement de commentaire.

C'est ainsi, au gré des mois que mon statut d'artiste et témoin du monde s'affirme, voué à un enrichissement continuel dans toutes les directions...

Arnaud FIOCRET © 2014-2016

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